Guinée: La Cour suprême livrera son verdict le 28 août dans l'affaire opposant l'UFDG au gouvernement

En Guinée, depuis plusieurs mois, un bras de fer oppose le ministère de l'Administration du territoire à des partis politiques, dont l'UFDG de l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo. Les autorités guinéennes les accusent de non-conformité. L'opposant guinéen, qui vit en exil forcé depuis deux ans, tenait à organiser le congrès ordinaire de son parti malgré son absence du pays. Mais, des dissidents à la tête desquels le porte-parole du gouvernement Ousmane Gaoual Diallo ont créé un courant « des réformateurs du parti », qui contestent sa légitimité.

Le congrès initialement prévu le 6 juillet a été interdit par le ministre de l'Administration du territoire qui, dans un courrier adressé à l'UFDG, dit craindre des troubles alors qu'une décision de justice avait autorisé le parti à tenir son congrès. L'affaire a été examinée jeudi 21 août par la Cour suprême suite à une saisine de l'UFDG.

À l'origine, une injonction du ministre de l'Administration du territoire, Ibrahima Kalil Conde demandant à l'UFDG dans un courrier de surseoir à organiser son congrès prévu le 6 juillet, ce que les opposants considèrent comme une ingérence. Me Mamoudou Sané, avocat de l'UFDG dénonce un abus de pouvoir. « Il y a deux décisions, une décision de justice, celle qui a été rendue par le tribunal de Dixinn et une décision administrative prise par le ministre interdisant le congrès. Entre ces deux décisions, c'est la décision de justice qui prime par ce que dans un État de droit, tout le monde est soumis à l'autorité de la loi, y compris le ministre. C'est un abus de pouvoir pure et simple ».

« Le ministre est allé au-delà de ses attributions » dit l'UFDG

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Il demande à la cour suprême de rappeler le ministre à l'ordre. « Nous attendons de la cour suprême qu'elle dise dans sa décision que le ministre est allé au-delà de ses attributions. Il ne l'appartient pas d'interférer dans le fonctionnement des partis politiques. Nous attendons de la cour suprême qu'elle rappelle ça à monsieur le ministre ».

Face à lui, Me Lansana Komah, avocat de l'agent judiciaire de l'État, estime que le ministre n'a pas outrepassé ses fonctions. « Le ministre a invité l'UDFG à se conformer pour qu'il n'y ait pas des troubles, c'était tout. Donc, ce n'est pas un arrêté, ni une décision quelconque. Donc, c'est pourquoi nous avons demandé purement et simplement à la cour suprême de rejeter leur demande, c'est-à-dire leur pourvoi. La lettre qui a été attaquée ici, il n'y a nulle part une interdiction ».

Après près de deux heures d'audience, la Cour suprême a mis son arrêt en délibéré. La décision est attendue le jeudi 28 août.

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