Afrique: Ticad 2025 - Le Japon mise sur les minerais critiques pour renouveler ses partenariats africains

Au terme de ce vendredi 22 août, la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad), qui a réuni à Yokohama 5 000 participants venus d'une cinquantaine de pays, le Japon et les pays africains ont adopté une déclaration finale. Ils y soulignent l'importance d'un approvisionnement stable et d'un développement responsable des minerais critiques.

Selon le texte, ils aspirent à co-créer des solutions innovantes et durables qui permettraient à l'Afrique de faire face à l'insécurité économique et à d'autres défis géopolitiques. Le Japon, de son côté, s'engage à encourager les investissements du secteur privé sur le continent, en mettant l'accent sur l'énergie, la santé, l'éducation, l'emploi des jeunes ou encore la sécurité alimentaire.

Le Japon place en tête de cette déclaration l'accès aux minerais critiques africains - platine, palladium, lithium, cobalt ou terres rares - essentiels à ses industries de haute technologie et à sa transition énergétique. L'objectif est clair : diversifier et sécuriser ses approvisionnements. Tokyo a en effet longtemps dépendu de la Chine à 100 % pour les terres rares, Pékin ayant même suspendu en 2010 ses exportations vers le Japon.

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Aux pays riches en minerais critiques, comme la République démocratique du Congo, la Zambie, Madagascar, l'Angola ou la Namibie, le Japon propose un modèle d'exploitation des ressources plus favorable que celui de la Chine, avec, par exemple le développement d'une partie de la chaîne de valeur sur place. Ces coopérations doivent s'accompagner de partenariats industriels et de transferts de technologie.

Le Japon attend une meilleure gestion de la dette publique africaine

Cette conférence de la Ticad intervient à un moment critique pour l'Afrique. Le Japon affirme vouloir l'aider à réduire son déficit d'investissement et sa dette colossale, tout en renforçant sa résilience face aux chocs économiques et climatiques. Les entreprises japonaises sont appelées à investir dans les infrastructures énergétiques du continent, où deux habitants sur trois n'ont toujours pas accès de manière continue à l'électricité.

Tokyo annonce également un investissement dans le capital humain : 30 000 experts en intelligence artificielle seront formés, ainsi que d'autres professionnels dans les domaines de la santé et de la médecine. Par ailleurs, le Japon accordera 5,5 milliards de dollars de nouveaux prêts à plusieurs pays africains. En contrepartie, il attend une meilleure gestion et transparence de la dette publique africaine.

Quant à l'initiative japonaise de créer une vaste zone économique reliant l'Inde, le Moyen-Orient et l'Afrique, elle suscite encore peu d'intérêt parmi les pays participants à la Ticad.

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