L'ingénieur géologue et ancien Directeur des Mines, Moussa Sylla, reconnaît l'existence de risques. «La proximité des installations minières avec les habitations peut effectivement poser un problème en raison des nuisances qu'elles génèrent.
En effet, les exploitations minières, classées en première catégorie, produisent du bruit (fonctionnement des machines, des engins et des usines), des vibrations (tirs de mines), de la poussière (concassage, circulation des véhicules et engins) et peuvent générer des déchets solides ou liquides nocifs stockés dans les parcs à résidus (cyanure). Elles comportent également des sites de stockage de carburant (matières inflammables) ou de substances explosives (dangers d'explosion)».
Pour ces raisons, dit-il, «l'article 48 du Code de l'Environnement stipule que les installations de première catégorie doivent être situées à au moins 500 mètres des habitations, des immeubles recevant du public, des zones résidentielles, des cours d'eau, des lacs, des voies de communication et des captages d'eau, si elles présentent des dangers d'explosion ou d'inflammation. Pour celles qui ne présentant pas ces dangers, une distance de 200 mètres est requise».
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Le professeur Moussa Sylla trouve que, «sur plusieurs sites d'exploitation minière ou de carrières, les dispositions sécuritaires qui sont d'ordre légal et réglementaire ne sont pas toujours respectées. Ce constat est valable aussi bien pour le sous-secteur des mines que pour celui des carrières. Cela constitue un risque sur la sécurité des populations mais également sur les milieux naturels».
La fuite de gaz des champs de Grand Tortue Ahmeyim (GTA), à Saint-Louis, a rappelé la vulnérabilité des écosystèmes, à cause de l'exploitation de ressources extractives. Selon Moussa Sylla, «l'explosion d'un puits de gaz à Gadiaga a démontré la nécessité d'une bonne maîtrise des risques des exploitations pétro-gazières sur l'environnement et particulièrement la sécurité des populations».
Cet incident de Gadiaga corrobore, dit-il, «l'importance du maintien d'une distance de sécurité entre les exploitations gazières et les habitations mais aussi la nécessité d'une mise à jour des plans d'intervention d'urgence en associant les administrations et collectivités territoriales».