Cameroun: Présidentielle 2025 - L'opposition camerounaise se déchire au lieu de s'unir contre Biya

À quelques semaines de la présidentielle de 2025, l'opposition camerounaise peine à afficher une cohésion stratégique face aux quarante-trois années de règne de Paul Biya.

Alors que l'enjeu devrait être la construction d'une alternative crédible, les principaux partis d'opposition se perdent dans des batailles secondaires autour des emblèmes, des couleurs et des symboles soumis à l'arbitrage du Conseil constitutionnel. Ce spectacle de divisions fragilise non seulement leur image auprès des électeurs mais renforce également le camp présidentiel, déjà maître des rouages institutionnels.

Le Social Democratic Front et le PURS s'accusent mutuellement d'appropriation abusive de signes distinctifs, créant ainsi une confusion nuisible pour les électeurs. Au lieu de construire une dynamique unitaire, ces querelles nourrissent l'idée que l'opposition n'est pas prête à gouverner. La conséquence directe est un avantage certain offert au RDPC, dont la stratégie repose depuis toujours sur la fragmentation de ses adversaires.

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Pour de nombreux observateurs, cette incapacité à dépasser les divergences traduit la faiblesse structurelle des partis d'opposition, souvent plus préoccupés par leurs intérêts internes que par la conquête du pouvoir. Le Conseil constitutionnel, arbitre officiel (RDPC), devient alors l'arène où se règlent ces querelles, mais rarement au bénéfice du pluralisme. Ce contexte alimente le scepticisme des électeurs, convaincus que l'alternance reste un mirage tant que l'opposition reste divisée.

Alors que le pays s'apprête à vivre un scrutin décisif, la multiplication de ces disputes éloigne le débat des véritables enjeux : gouvernance, démocratie, développement économique et justice sociale. Si les leaders de l'opposition ne parviennent pas à se ressaisir rapidement, la présidentielle de 2025 risque de se transformer en simple formalité pour Paul Biya, malgré son âge avancé et les critiques sur son absence d'énergie politique. La capacité de l'opposition à dépasser ses luttes symboliques déterminera si le Cameroun entre dans une nouvelle ère politique ou s'il reste prisonnier de son immobilisme.

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