Congo-Kinshasa: Requisition de la peine de mort contre l'ex-président congolais - Kabila en train de boire la coupe amère de la vie

Ouvert le 25 juillet dernier, le procès de l'ancien président congolais, Joseph Kabila, tire inexorablement à sa fin. En effet, en attendant de connaître le verdict de la Cour, annoncé pour les semaines à venir, le parquet, quant à lui, n'y est pas allé de main morte.

Il a requis la peine de mort contre Joseph Kabila à qui il est reproché des faits de trahison, de complot, de crimes de guerre, de viol et d'organisation d'un mouvement insurrectionnel. En clair, l'ex-Raïs, ainsi qu'on le surnomme, est accusé d'être en complicité avec la rébellion du M23/AFC (Alliance Fleuve Congo), qui contrôle la quasi-totalité de la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC).

La condamnation de l'ex-président qui se profile à l'horizon, pourrait compliquer la donne en RDC

Le parquet dit s'être basé sur des propos tenus par l'ex-dirigeant congolais pour établir les liens entre ce dernier et les rebelles. A cela s'ajoute, dit-il, la présence de Joseph Kabila à Goma et ce, après avoir transité par le Rwanda connu pour être le parrain de la rébellion du M23/AFC. Certes, ce ne sont encore que de simples réquisitions, mais elles suscitent déjà de vives réactions en RDC où la classe politique s'en trouve davantage divisée.

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Car, si les soutiens du pouvoir estiment que l'ex-président est en train de payer pour ses turpitudes, il en va autrement pour l'opposition qui y voit une « manoeuvre politique» destinée à « réduire au silence un acteur majeur » et à « semer la terreur ». « On y voit la haine transpirer envers quelqu'un qui vous a tout donné », déplore le Secrétaire permanent du parti de Joseph Kabila. En tout cas, on le sait, l'animosité entre l'ex-président et son successeur Félix Tshisékédi, est si grande que les deux hommes ne veulent pas se voir, même en peinture. La raison, on la connaît. Kabila avait donné le pouvoir à Félix Tshisékédi qui, par la suite, n'a pas respecté ses engagements.

Non seulement ce dernier a vite fait de rompre le pacte, mais aussi il s'est mis à traquer certains dignitaires de l'ex-régime. Tant et si bien que Kabila, sans doute pour se venger, fait feu de tout bois pour récupérer par la main gauche, ce qu'il avait donné avec la main droite. Y parviendra-t-il ? On attend de voir. Toutefois, pour revenir au procès de Joseph Kabila, s'il s'agit d'une stratégie pour le pouvoir congolais, pour mettre la pression sur un adversaire, on peut craindre qu'il n'impacte les pourparlers en cours en vue d'un accord global de paix.

Or, et il faut le reconnaître, la médiation conjointe conduite par Washington et Doha, a permis, un tant soit peu, de faire taire les armes sur le terrain des combats. Même si, ces dernières semaines, les hostilités ont repris entre les forces armées congolaises et le M23/AFC, l'espoir d'une sortie de crise était tout de même permis. Surtout que Washington, pas plus tard que la semaine écoulée, a haussé le ton, rappelant ainsi à l'ordre les différents protagonistes qui, de par leurs actes, cherchent à compromettre le processus de paix.

Joseph Kabila est contraint de vivre dans la clandestinité

Mais la condamnation de l'ex-président qui se profile à l'horizon, pourrait, toute proportion gardée, compliquer la donne, en crispant davantage l'atmosphère socio-politique en RDC. A moins que, par une alchimie dont lui seul détient le secret, Félix Tshisékédi ne parvienne à calmer le jeu à travers éventuellement la convocation d'un dialogue national, comme le préconisent les religieux, qui permettra de panser les plaies de la RDC. Mais en attendant, Joseph Kabila, on peut le dire sans aucun risque de se tromper, est en train de boire la coupe amère de la vie.

Car, voilà un homme qui a régenté la RDC pendant près de deux décennies sans partage et qui, aujourd'hui, est contraint de vivre dans la clandestinité. Voilà un homme qui, au faîte de sa gloire, se croyait tout permis au point de s'arroger le droit de vie et de mort sur ses compatriotes, et qui, aujourd'hui, se retrouve au creux de la vague ; le sort étant quasiment scellé. Cette forme de décadence, pour ainsi le dire, doit constituer un avertissement sans frais pour tous les dirigeants qui doivent garder à l'esprit que seules leurs bonnes actions leur survivront. Tout le reste n'est que « vanité des vanités », comme le rappelle si bien l'Ecclésiaste.

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