Madagascar: Le nouveau téléphérique d'Antananarivo lancé en attendant un fonctionnement à plein régime

Elles font désormais partie du paysage urbain d'Antananarivo : les cabines orange du nouveau téléphérique voulu par le président Andry Rajoelina circulent quatre heures par jour depuis leur ouverture au public la semaine dernière. Une ouverture partielle notamment due au manque d'énergie dont souffre la capitale malgache, confrontée à des délestages quotidiens. Mais ce nouveau moyen de transport pourra bientôt fonctionner à plein régime, promet le gouvernement.

La « ligne orange » reliant le quartier d'Ambatobe au lac Anosy fonctionne pour l'heure grâce à des groupes électrogènes. Une solution coûteuse empêchant une ouverture complète. Mais cette situation n'est que provisoire, assure le secrétaire d'État aux Nouvelles villes et à l'habitat de Madagascar, Gérard Andriamanohisoa : « L'alimentation en énergie électrique du téléphérique repose sur une stratégie globale d'amélioration de la disponibilité énergétique de la ville d'Antananarivo. Avec un objectif de mise en place de 100 mégawatts de parcs solaires pour Antananarivo d'ici la fin de l'année ou au début de l'année prochaine. Une fois qu'on aura la capacité suffisante pour alimenter la ville, on pourra mettre en place une ligne dédiée uniquement à l'alimentation du téléphérique. D'autant plus qu'il ne consomme que 5 mégawatts, ce qui représente actuellement moins de 2 % de la consommation de la ville. »

Autre défi à relever pour assurer un service en continu toute la journée : le recrutement d'une main d'oeuvre qualifiée. « Actuellement, on a passé un accord avec le constructeur Poma pour nous accompagner lors de cette ouverture. Pendant ce temps, on recrute des conducteurs, des opérateurs, des techniciens de maintenance locaux qui vont recevoir une formation théorique et une formation sur le tas. Ils prendront ensuite la relève », précise Gérard Andriamanohisoa.

Le prix du ticket a été fixé à 3 000 ariary, soit environ 60 centimes d'euros, durant cette phase dite de « pré-exploitation » prévue pour durer quelques mois. Il sera ensuite augmenté.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Alors que 80 % des Malgaches vivaient avec moins de 2,15 dollars par jour (environ 9 500 ariary) en 2024 selon la Banque mondiale, ce moyen de transport innovant est inaccessible à la majorité des Tananariviens. Quatre à cinq fois plus cher que les taxi-be, ces fourgons collectifs très empruntés dans la capitale, le téléphérique est cependant bien moins coûteux que le taxi ou les taxi-motos, insiste le secrétaire d'État aux Nouvelles villes et à l'habitat, qui note également de nets avantages en termes de confort et de temps de trajet.

« Le téléphérique nous permet d'économiser un coût social énorme »

Gérard Andriamanohisoa défend surtout une infrastructure indispensable au désengorgement de la ville : « À Antananarivo, ça fait plus de 50 ans qu'on a des problèmes d'embouteillages. La population est multipliée par deux tous les 15 à 20 ans. L'extension des axes routiers poserait un énorme problème social car cela impliquerait des démolitions. Le téléphérique nous permet donc d'économiser un coût social énorme »

Environ 5 000 voyageurs l'ont emprunté chaque jour depuis son ouverture. Au maximum de sa capacité, il pourrait transporter jusqu'à 60 000 personnes quotidiennement.

Alors que l'État avait lancé en 2023 un appel à manifestation d'intérêt pour l'exploitation technique et commerciale du téléphérique auquel ont répondu plusieurs entreprises dont le Français Poma, il a finalement été décidé qu'une société d'État malgache en aurait la responsabilité. Reposant uniquement sur le budget général de l'État dans un premier temps, cette société pourrait ensuite s'ouvrir à des capitaux privés, selon Gérard Andriamanohisoa.

En plus de la « ligne orange », une « ligne verte » desservant l'est de la capitale - entre Anosy et Ankatso - a fait l'objet d'études. Mais sa construction n'est pas encore actée.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.