Tanzanie: Ce qu'implique politiquement l'absence du parti d'opposition Chadema aux prochaines élections générales

En Tanzanie, la campagne électorale s'ouvre cette ce 28 août 2025 dans un paysage politique bouleversé, à deux mois des élections générales d'octobre. La présidente Samia Suluhu Hassan a appelé le 24 août à des élections « libres et équitables », un message qui s'inscrit dans une stratégie de réconciliation et de réformes. Mais, au même moment, le principal parti d'opposition, Chadema, est de facto exclu du scrutin pour ne pas avoir signé à temps les formulaires requis par la Commission électorale. Une absence qui pourrait rebattre les cartes de l'opposition. Explications.

C'est lors d'une prière organisée par des leaders religieux à Dar es Salaam que la présidente de Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, a lancé son appel. Des propos qui s'inscrivent dans la stratégie de réconciliation et de réformes, porté par le CCM, le parti au pouvoir, explique Thomas Kibwana, analyste politique. « Pour être légitimes, les élections doivent apparaître libres et équitables, décrypte-t-il au micro de Christina Okello.

C'est ce que demande Samia Suluhu Hassan, car elle sait qu'après les élections, pour gouverner, la légitimité est nécessaire aussi bien à l'intérieur qu'à l'international ». Il poursuit : « C'est pourquoi le CCM a nommé comme Secrétaire générale Asha-Rose Migiro, une diplomate chevronnée. Cela montre que le parti veut adopter un ton de réconciliation, pendant et après les élections. Une majorité de Tanzaniens adhèrent à ce discours, mais les partisans du Chadema n'y croient pas. »

En attendant, l'avenir de Chadema s'assombrit. Leur stratégie « Pas de réformes, pas d'élections » a échoué, selon Thomas Kibwana : le scrutin aura bien lieu sans eux. Avec un risque majeur : d'être supplantés comme principale force d'opposition par ACT-Wazalendo ou Chaumma. « Si Alliance for Change and Transparency (ACT) et Chaumma obtiennent au moins 5 % des sièges au Parlement, ils pourront former le camp officiel de l'opposition. Cela leur donnerait une plus grande plateforme pour s'imposer auprès de l'opinion publique tanzanienne. »

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Résultat : pour la première fois depuis des années, le Parlement pourrait se doter d'un véritable camp d'opposition officiel. Une recomposition politique qui risque de reléguer le Chadema au second plan.

Candidat à la présidentielle de 2020 du principal parti d'opposition Chadema, Tundu Lissu, qui a survécu à une tentative d'assassinat en septembre 2017, a été arrêté après un meeting le 9 avril dernier. Il a été inculpé pour « incitations à bloquer les élections », selon la police. Tundu Lissu a été arrêté à plusieurs reprises par le passé, mais c'est la première fois qu'il fait face à des accusations aussi graves.

Les Tanzaniens éliront leur président, parlementaires et représentants locaux le 29 octobre. Des opposants tanzaniens et des ONG de défense des droits humains dénoncent une répression politique de la part du gouvernement de la présidente Samia Suluhu Hassan, qu'ils accusent de retomber dans les pratiques autoritaires de son prédécesseur John Magufuli (2015-2021).

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