Sénégal: Effectivité du dépôt légal a la bibliothèque des archives - Seuls 6 périodiques se conforment à la loi

Au Sénégal la loi oblige les entreprises de presse de respecter le dépôt légal, conformément aux dispositions du Code de la Presse. Toutefois, depuis un certain temps, la situation sur cette question montre des signaux rouges, car, à en croire Mme Ngoné Sarr, Cheffe du Service de la Bibliothèque nationale et de la Bibliothèque des archives, «les médias ne respectent plus le dépôt légal». Actuellement, seuls 6 périodiques se conforment à la loi. Elle a fait cette révélation hier, lundi 25 août 2025, lors de l'atelier de Consolidation des recommandations des Assises des Médias et des Journées de Concertation, organisé à la Maison de la Presse Babacar Touré par le ministère de la Communication, des Télécommunication et du Numérique.

Malgré qu'elle fasse office de Bibliothèque nationale tant sur les papiers et sur le plan législatif et réglementaire, la Bibliothèque des archives a permis au Sénégal de disposer d'une Bibliothèque nationale. Toutefois, concernant son effectivité sur le terrain, la Bibliothèque nationale n'existe pas.

La raison est que, selon Ngoné Sarr, Cheffe du Service de la Bibliothèque nationale et de la Bibliothèque des archives, «les acteurs, c'est-à-dire les imprimants, tant du côté des publications que du côté des périodiques, ne respectent pas du tout le dépôt légal ; ce qui constitue une contrainte majeure à notre niveau parce que nous avons en charge la confection, l'établissement de la Bibliographie nationale.»

La Cheffe du Service de la Bibliothèque nationale et de la Bibliothèque des archives dit pourtant avoir remarqué un rush au moment de la régularisation du secteur de la presse. Elle indique que durant cette période, «les gens respectaient le dépôt légal. Ils venaient en masse pour procéder au dépôt légal.»

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Plus de 2700 titres de périodiques

«Nous avons enregistré plus de 2700 et quelques titres de périodiques, c'est-à-dire morts et vivants, aussi bien les publications physiques que numériques. Nous avons acquis un total de 2700 et quelques titres de périodiques déclarés à notre niveau», a révélé Mme Sarr, qui regrette le fait qu'«à nos jours, seuls 6 titres sont en règle avec le dépôt légal.»

Une situation «dramatique», déplore-t-elle, avant d'inviter les acteurs au respect de la règlementation. «Nous profitons de cette opportunité pour sensibiliser les acteurs, notamment vous les acteurs des médias, à vraiment respecter le dépôt légal», lance-t-elle, indiquant que ceci est un «baromètre de la production intellectuelle sénégalaise qui permet de jouer sur la production littéraire d'un pays.»

Donc, souligne l'archiviste, «si les acteurs ne respectent pas le dépôt légal, donc la Bibliographie nationale n'est pas exhaustive ; ce qui constitue une contrainte, ce qui constitue justement une contrainte dans l'exercice de nos fonctions».

Considérant le dépôt légal comme étant un critère obligatoire, Habibou Dia, Directeur de la Communication annonce que «la Direction de la Communication a déjà pris la décision de faire siéger dans le Conseil de gestion des archives nationales, la Direction de la Surveillance du Territoire, la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) et le CESTI (Centre d'Etudes des Sciences et Techniques de l'Information, ndlr)».

Cela permettra, selon lui, «d'avoir, dans un cadre très transparent, l'ensemble des soumissionnaires à ces dossiers, de pouvoir contrôler leur effectivité de dépôt légal et s'ils ont un quitus des archives nationales.»

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.