Cote d'Ivoire: Dépôt de candidatures à la présidentielle ivoirienne - ADO pour fermer le ban aujourd'hui

Aujourd'hui mardi 26 août 2025. Dans quelques heures, précisément à minuit, une nouvelle étape de la présidentielle ivoirienne aura été franchie.

C'est en effet ce jour qui a été retenu comme date limite de dépôt des candidatures pour le scrutin majeur du 25 octobre à venir.

C'est aussi cette date, à la fois symbolique et fatidique du processus électoral, que le président sortant, Alassane Ouattara, a choisie pour donner corps à sa posture quasi gaullienne, « je vous ai compris » ; en réponse à ses soutiens qui, à l'issue d'un congrès extraordinaire, venaient de le désigner comme le candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Quelque quatre semaines plus tard, il annoncera, sans surprise, sa décision finale après « un temps de réflexion ».

Au regard des impératifs « économique, sécuritaire et monétaire sans précédent», l'actuel locataire du palais de Cocody s'est résolu à briguer un quatrième mandat à la tête de son pays. « Le devoir peut parfois transcender la parole donnée de bonne foi », a précisé celui dont la légalité de la candidature est contestée par l'opposition.

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En 2020, en effet, l'ancien gouverneur de la BCEAO avait annoncé céder le fauteuil présidentiel à son héritier politique, Amadou Gon Coulibaly. Avant de voir son dessein contrarié par le décès du dauphin. Et depuis ce temps, le sort en est jeté, car à la faveur de la modification de la loi fondamentale, ADO a opté de boire la coupe de la légalité constitutionnelle jusqu'à la lie. D'où le présent acte de candidature pour un quatrième bail présentiel diversement apprécié et source de contestations qui menacent la sérénité du scrutin du 25 octobre.

A « ce mandat de trop », comme le prédisent certains cassandres de la classe politique ivoirienne, l'un des casus belli du processus électoral est la mise à l'écart de certaines grosses huiles de l'opposition.

A l'instar de l'ancien chef de l'Etat Laurent Gbagbo, fondateur du Parti des peuples africains de Côte d'Ivoire (PPA-CI), Guillaume Soro et Tidjane Thiam du Parti démocratique de Côte d'Ivoire - Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), tous radiés de la liste électorale.

Les deux premiers pour cause d'éviction de leurs droits civiques et politiques suite à des condamnations judiciaires, le troisième pour s'être prévalu de sa nationalité française au moment de son inscription sur la liste électorale.

Mais il en faut plus pour que certains des proscrits renoncent à leurs ambitions présidentielles.

Ainsi, par exemple, de Tidjane Thiam, toujours en séjour en France, dont les soutiens ont déposé le dossier de candidature le dsimanche 24 août auprès de la Commission électorale indépendante (CEI).

Hier lundi, il était attendu l'acte de prétention de Laurent Gbagbo, tel qu'annoncé par son parti.

Autant dire deux actes de candidature insolites, voire provocateurs, car on ne voit pas comment le Conseil constitutionnel, seul organe de délibération, pourrait accorder son imprimatur à ces deux hommes dont la radiation procède de décisions administrative et judiciaire.

Par cette attitude de bravade, nul doute que l'enfant terrible de Mama et l'ex-patron du Crédit lyonnais ont opté de pisser bruyamment dans un violon et, par la même occasion, de faire dans la surenchère politique dans le secret espoir d'empêcher la tenue de l'élection, comme ils l'ont prévenu.

C'est donc toujours la peur au ventre que les Ivoiriens entrevoient la suite du processus électoral, désormais entre les mains du Conseil constitutionnel.

En effet, après la réception par la CEI des actes de candidatures, constitués d'une liste de parrainage, de documents d'identité et d'une caution de 50 millions FCFA, les dossiers seront acheminés à la haute juridiction de l'ordre constitutionnel pour examen de validité. Elle a jusqu'au 10 septembre prochain pour publier la liste définitive des candidats.

Une perspective pour le moins redoutée. Et pour cause !

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