Afrique de l'Ouest: Le Nigeria et le Sénégal se tournent vers le redressement du PIB pour réduire leurs ratios d'endettement

  • Le Nigeria a achevé la réévaluation de son produit intérieur brut (PIB) en juillet, tandis que le Sénégal, le Congo et le Gabon sont en train d'actualiser leurs calculs
  • Ils rejoignent une liste croissante d'économies africaines qui utilisent l'outil statistique pour refléter l'évolution des structures économiques et alléger les ratios d'endettement.
  • Le rebasage du PIB consiste à modifier l'année de base des comptes nationaux afin d'inclure des secteurs nouveaux ou précédemment sous-estimés.

Le Nigeria a achevé le rebasage de son produit intérieur brut (PIB) en juillet, tandis que le Sénégal, le Congo et le Gabon sont en train de mettre à jour leurs calculs, rejoignant ainsi une liste croissante d'économies africaines utilisant cet outil statistique pour refléter l'évolution de leurs structures économiques et alléger leurs ratios d'endettement.

Le rebasage du PIB consiste à modifier l'année de base des comptes nationaux afin d'inclure des secteurs nouveaux ou précédemment sous-estimés, tels que les services numériques ou l'économie informelle. La mise à jour se traduit généralement par une augmentation du PIB, ce qui réduit les ratios dette/PIB et les ratios de déficit.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

L'exercice réalisé par le Nigéria en juillet, qui a déplacé l'année de référence à 2019, a permis d'augmenter le PIB de 30 % et de réduire le ratio de la dette de 52 % à 39 %. Le président Bola Tinubu a fait suivre cet ajustement d'une émission d'obligations d'une valeur de 21 milliards de dollars pour financer les infrastructures. Le Sénégal, dont la dette atteindra 119 % du PIB en 2024 à la suite d'un scandale de dette cachée, espère que le rebasage permettra de ramener le ratio en dessous de 100 %.

Les Nations unies recommandent un rebasage tous les cinq ans, le nouveau système de comptabilité nationale (SCN) de 2025 devant ajouter les biens et services environnementaux. La Banque africaine de développement soutient la transition du Congo avec une subvention de 602 000 dollars.

Points clés à retenir

Le rebasage du PIB améliore les ratios macroéconomiques, mais ne réduit pas l'encours de la dette et n'augmente pas la capacité fiscale. S'il donne aux gouvernements un répit cosmétique et signale qu'ils se conforment aux normes mondiales, il ne modifie en rien leur capacité à générer des recettes ou à honorer leurs obligations. Pour les pays soumis au stress de la dette, comme le Sénégal, la remise à zéro peut améliorer l'image, en rendant les indicateurs plus acceptables pour les investisseurs et les donateurs.

Cependant, les financiers avertissent que si les indicateurs peuvent sembler meilleurs, les fondamentaux restent inchangés. S'il n'est pas accompagné de réformes fiscales et d'une croissance plus forte, le rebasage risque de devenir un correctif statistique plutôt qu'une solution. Néanmoins, dans une région où les économies évoluent rapidement, le rebasement permet de saisir la réalité, qu'il s'agisse des économies numériques ou du secteur informel. Pour les décideurs politiques, la tâche consiste à s'assurer que l'exercice renforce la crédibilité plutôt que de masquer les vulnérabilités sous-jacentes.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.