Niger: A Niamey, les zones inondables restent habitées

Sans alternative, des sinistrés au Niger reviennent chaque année vivre dans les zones à risque après avoir été déplacés par la saison des pluies.

La saison des pluies se poursuit au Niger. Comme chaque année, le pays a connu plusieurs semaines de précipitations, accompagnées d'inondations. Le bilan officiel communiqué par les autorités fait état d'une cinquantaine de morts et de plus de 56 000 sinistrés.

Certaines familles connaissent ce drame chaque année à Niamey, mais reviennent malgré tout s'installer dans les zones à risque, le long du fleuve Niger notamment.

Des milliers de déplacés

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En 2020, des milliers de personnes avaient déjà été déplacées par les inondations. Parmi elles, Djibo Hassane Djaouga, habitant du village de Saga, dans la commune de Niamey 4. "C'était tôt le matin, vers huit heures, quand la digue a cédé. Ma maison tenait encore debout. On m'a emmené quelque part pour me loger... je ne sais pas ce qui s'est passé après, tout le monde se cherchait", se souvient-il. Ce jour-là, il avait les pieds dans l'eau, et l'inondation avait englouti plusieurs maisons.

Les autorités avaient alors déconseillé d'habiter dans des zones inondables et dans des habitations précaires.

Mais malgré ces avertissements, les victimes sont revenues vivre sur leurs anciens sites et se retrouvent aujourd'hui de nouveau confrontées à la montée des eaux.

"Quand on vit au bord du fleuve et qu'on nous demande d'aller à vingt kilomètres, vers Kongou ou Sorey, ce n'est pas possible. Ici, il y a nos champs de riz, nos jardins. De l'autre côté, la vie nous paraît difficile", resume-t-il

D'importants dégâts économiques

Pourtant, les inondations rendent aussi la vie quotidienne très difficile. Les concessions délabrées portent encore les traces des eaux.

L'an dernier, près de 400 personnes ont perdu la vie et plus de 1,5 million ont été sinistrées dans les huit régions du Niger, avec d'importants dégâts sur les cultures et le bétail.

Rester ici n'est pas un déni du danger pour les riverains, mais un attachement profond à leur village, à leurs terres, à leurs souvenirs.

En attendant que l'État mette en place des mesures pour les sécuriser, Djibo et sa famille continuent de vivre au bord du fleuve... toujours dans la crainte d'une nouvelle crue.

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