Afrique: Un «effondrement» de l'aide alimentaire - «Save the Children» alerte sur les stocks dans 4 pays d'Afrique

Nouvelle alerte humanitaire liée à « l'effondrement » des financements de l'aide alimentaire. Cette fois, c'est l'ONG Save the Children qui sonne l'alarme. Au moins quatre pays du continent - Nigeria, Kenya, Somalie et Soudan du Sud - risquent de manquer d'aliments d'urgence « prêts à l'emploi » dans les semaines qui viennent si les besoins ne sont pas financés.

Au cours des trente dernières années, l'aliment d'urgence « prêts à l'emploi », cette pâte riche en micronutriments et en énergie, a sauvé la vie de millions d'enfants souffrant de malnutrition aiguë. Leurs réserves ont nettement diminué en raison de coupes budgétaires et d'une réduction de l'aide internationale, ce qui met en danger la vie de millions d'enfants souffrant de malnutrition sévère.

« Actuellement, au Kenya, seulement 77 % des besoins en aliments thérapeutiques nécessaires aux cas graves sont assurés. Et si rien ne change, le stock sera épuisé en octobre. Pour les cas modérés, nous n'avons que 7 % des stocks nécessaires en compléments alimentaires. Certains établissements de santé sont déjà à court », détaille Jib Pornpun Rabiltossaporn, directrice pays de Save the Children pour le Kenya et Madagascar, au micro d'Amélie Tulet de la rédaction Afrique.

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Coupes budgétaires

Selon l'ONG, ces financements réduits devraient entraîner l'interruption du traitement de 15,6 millions de personnes dans 18 pays, dont plus de 2,3 millions d'enfants gravement malnutris en 2025. « Cette situation nous préoccupe beaucoup : sans traitement, la malnutrition peut avoir de graves conséquences. Au niveau régional, au Soudan du Sud, on constate déjà une augmentation du nombre d'enfants souffrant de malnutrition aiguë. Les chiffres sont effarants. On est passé de 2 100 000 à 2 300 000 enfants concernés. En Somalie, près de 1 800 000 enfants, soit près de la moitié des enfants de moins de cinq ans, sont exposés au risque de malnutrition », poursuit-elle.

Ce constant intervient quelques mois seulement après que les Nations Unies ont annoncé des coupes budgétaires drastiques dans leurs programmes, décrites comme « les plus importantes jamais enregistrées dans le secteur humanitaire international » par le bureau humanitaire de l'ONU. « La pénurie de ressources est mondiale, concède Jib Pornpun Rabiltossaporn.

C'est lié, bien sûr, à l'évolution de la politique étrangère du gouvernement américain, mais cela se combine à l'évolution globale du paysage mondial. Nous cherchons des solutions, mais la communauté internationale ne peut pas rester inactive. Nous devons agir rapidement, pour que ces enfants puissent être traités correctement, survivre et réaliser pleinement leur potentiel. »

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