La gestion des espaces marchands à Douala 2e cristallise la colère de plusieurs conseillers municipaux. Dans une correspondance adressée au ministre d'État, Secrétaire général de la Présidence de la République, les élus Minamo Jules Raymond, Bessala Célestin Félix, Garba Aoudou et Zang Zang Charles Élie dénoncent ce qu'ils considèrent comme des « irrégularités graves » imputées à l'exécutif communal.
Un déguerpissement contesté
Les élus pointent notamment l'opération musclée menée le 11 juillet dernier sur le site du « Marché des Femmes ». Selon eux, cette « casse brutale » s'apparente à une occupation illégale, d'autant plus que le terrain concerné disposerait de titres fonciers délivrés par l'administration compétente. « La Commune se proclame propriétaire sans aucun document probant, tandis que certains occupants disposent de titres en bonne et due forme », s'indignent-ils, citant des vérifications effectuées à la Conservation foncière du Wouri.
Des accusations directes contre la maire
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La maire de Douala 2e, Denise Fampou, est directement mise en cause. La note évoque des « comportements malveillants » et des initiatives prises en dehors du cadre légal. Parmi les griefs, les signataires dénoncent l'attribution jugée « irrégulière » du marché de la gare de New-Bell à un conseiller municipal, Fiagam Bernard, en violation du Code général des collectivités territoriales et des règles encadrant les partenariats publics.
Les recettes issues de ce marché, évaluées en milliards de francs CFA, n'auraient par ailleurs pas été retracées dans les comptes de la Commune, soulevant de nouvelles interrogations sur la transparence de la gestion municipale.
Saisine de la Présidence
Face à ce qu'ils qualifient de « prédation foncière » et de « gestion opaque », les quatre élus appellent à l'intervention du Secrétaire général de la Présidence afin de rétablir « l'ordre républicain » et d'assurer le respect de la légalité. Ils affirment agir en toute responsabilité et réaffirment leur attachement aux institutions, ainsi qu'à leur candidat à la présidentielle, Paul Biya.
Des mesures fortes envisagées
Les conseillers ont joint à leur saisine deux requêtes : l'une réclamant la révocation de Denise Fampou et la déchéance du conseiller Fiagam Bernard, l'autre sollicitant la convocation d'une session extraordinaire du Conseil municipal pour examiner en profondeur la situation.
Au-delà du cas spécifique de Douala 2e, cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour de la gouvernance locale et de la gestion des ressources communales, à quelques semaines d'une élection présidentielle déjà très scrutée.