Ile Maurice: La troisième édition menacée faute de soutien financier

La troisième édition du Festival Bouzé se tiendra du 10 au 15 septembre, avec au programme compétitions, masterclasses, showcases et rencontres entre danseurs venus de toute la région. Mais derrière l'énergie et les projecteurs, son fondateur, Kenjee Kennedy, tire la sonnette d'alarme : l'événement manque cruellement de soutien financier. «C'est malheureusement peut-être la dernière édition», prévient-il.

Créé par Wake Up Session en 2010, le Festival Bouzé s'est imposé comme une vitrine de la danse urbaine dans l'océan Indien. Plus qu'une compétition, il se veut un espace d'échanges culturels et de transmission. Cette année, plus de 75 participants issus de 16 pays - dont l'Afrique du Sud, Djibouti, Madagascar, le Burundi, le Congo, La Réunion, les Comores et le Ghana - sont attendus. Le temps fort sera la finale de l'Indian Ocean Championship, un tournoi 1 vs 1 en Hip- Hop, Afro et Breaking, prévue le 13 septembre à l'Institut français de Maurice (entrée : Rs 300, gratuit pour les moins de dix ans).

Le festival s'ouvrira le 11 septembre avec des masterclasses gratuites à Mahébourg (Hip-Hop, Afro, Breaking, Dancehall, Capoeira), accessibles au grand public. Le 12 septembre, un showcase aura lieu au Caudan Waterfront, suivi d'une conférence réunissant neuf intervenants africains et insulaires autour du thème : Urban Dance: From Street Culture to a Regional Industry for Youth Empowerment. Enfin, après la compétition, danseurs et public se retrouveront au Café du Vieux-Conseil, à Port-Louis, pour une nuit Afro et Dancehall mêlant battles, open mic et DJ sets.

Mais l'enthousiasme des artistes se heurte aux difficultés financières. «Je me retrouve dans l'obligation de modifier ma programmation, qui était très riche au départ. On devait avoir davantage de conférences et d'ateliers, mais sans financement, ce n'est plus possible. C'est la douche froide», confie Kenjee Kennedy.

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Cette année, seul Malta Guinness apporte un appui. Le dossier soumis à la Commission de l'océan Indien n'a pas été retenu parmi les 12 projets financés.

Pour sauver l'édition 2025, Kenjee Kennedy lance un appel : «Je cherche un soutien d'urgence, même auprès de propriétaires de fast-food. Ma priorité, c'est de financer les repas des 75 participants. Je ne veux pas que la réputation du festival en pâtisse, ni celle de Maurice d'ailleurs.»

L'organisateur redoute que l'événement, devenu une référence régionale, ne disparaisse faute d'appui. «On peut avoir des rêves, organiser un championnat de ce genre, mais sans aucune aide, c'est très difficile. C'est probablement la dernière année du Festival Bouzé si la situation ne change pas.»

Malgré ces obstacles, le Festival Bouzé conserve une portée symbolique forte. En trois éditions, il est devenu une plateforme de dialogue interculturel, reliant les scènes urbaines d'Afrique et de l'océan Indien. «C'est un rendez-vous où les jeunes peuvent à la fois apprendre, se confronter et rêver plus grand», résume Kennedy.

À quelques semaines de l'événement, la mobilisation est désormais lancée pour éviter que ce rendez-vous unique de la danse urbaine dans la région ne vive sa dernière édition.

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