En Afrique du Sud, la dégradation de Johannesburg inquiète les habitants. Fatigués des manquements de la municipalité - qui a changé neuf fois de maire, depuis 2021 - ils s'organisent de plus en plus à travers des organisations de société civile.
La société civile s'organise non seulement pour faire pression sur les instances dirigeantes, mais aussi pour trouver des solutions. Une centaine d'organisations se sont ainsi réunies, samedi 30 août, pour le 7ème sommet du Joburg Crisis Alliance, un mouvement civique rassemblant ces organisations pour lutter collectivement contre le déclin de Johannesburg.
C'est en bordure du centre-ville de Johannesburg, l'une des parties de la métropole les plus touchées par la déliquescence, que se retrouvent quelque 200 citoyens. La crise de l'eau est au coeur de leurs préoccupations.
« Nos infrastructures sont vétustes et défaillantes. Nos canalisations fuient. Nos réservoirs ne fonctionnent pas correctement. Des écoles doivent parfois fermer et les gens rentrent chez eux parce qu'il n'y a pas d'eau. Il ne s'agit plus seulement d'un service public, mais de répondre à une crise humanitaire », tient à souligner Ferrial Adam, directrice exécutive de l'initiative « WaterCAN » qui lutte pour l'accès à l'eau et pour une amélioration de la qualité de l'eau.
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Les résidents sont de plus en plus régulièrement privés d'eau, mais aussi d'électricité ou encore de collecte des déchets. Ils dénoncent la négligence des autorités qui ont laissé les infrastructures se dégrader dramatiquement.
« Le problème fondamental, c'est la mauvaise gestion financière de la ville. Malgré son budget colossal de 4,4 milliards d'euros par an, elle ne fournit pas les services de base que ses habitants méritent. Notre travail consiste essentiellement à réclamer des comptes, à maintenir la pression et à continuer de soulever les problèmes que la ville refuse de dresser », dénonce Yunus Chamda, coordinateur du Joburg Crisis Alliance.
De plus en plus d'initiatives de quartier voient le jour, d'habitants désireux de ne pas rester passifs. Les activistes se réjouissent aussi du comité de travail mis en place, en mars, par la présidence, pour redresser la capitale économique du pays. Ils espèrent enfin des réformes.