Kelly Ondo Obiang est donc libre. Le samedi 30 août, il a, en effet, quitté la prison centrale de Libreville avec trois de ses compagnons d'infortune. Une date qui ne semble pas avant tout avoir été choisie par hasard puisque le même jour, le général Brice Clotaire Oligui Nguema fêtait le 2e anniversaire de son coup d'Etat qui a renversé Ali Bongo Odimba.
Mais avant que celui qui vient de se faire élire démocratiquement ne réussisse son coup, il y a eu un certain lieutenant Kelly Ondo qui avait pour ainsi dire préparé le terrain quatre années auparavant. Celui qui hume à nouveau l'air de la liberté retrouvée avait en effet commis une tentative de putsch qui avait vite tourné en eau de boudin.
Le 7 janvier 2019, les Gabonais s'étaient réveillés au son d'une annonce militaire diffusée sur la radio-télévision nationale, Gabon Première. A l'antenne, le lieutenant Kelly Ondo Obiang, entouré de quelques hommes en uniforme, proclamait la destitution du président en exercice, Ali Bongo Ondimba, qui sortait d'un AVC et en séjour au Maroc au moment des faits.
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Pour un peu, on croirait que c'étaient des pieds nickelés qui avaient fait ce que d'aucuns avaient qualifié de « tentative de coup d'Etat la plus rapide au monde », les forces loyalistes ayant très vite circonscrit le problème qui a tout de même occasionné deux morts dans le petit rang des mutins. L'affaire en tous cas semblait être mal préparée et l'officier subalterne s'est retrouvé très vite au gnouf et condamné à 15 ans de prison.
C'est donc depuis sa cellule qu'il a suivi l'arrivée au pouvoir du général Brice Clotaire Oligui et c'est d'ailleurs cette tentative ratée qui avait propulsé ce dernier à la tête de la Garde nationale. Sans le savoir, Ali Bongo venait de promouvoir celui qui allait le conduire à sa perte.
La libération de Kelly Ondo pourrait donc procéder d'un petit service entre putschistes et aussi la suite logique de la loi d'amnistie votée pas plus tard le 12 août dernier par le gouvernement gabonais en faveur de tous les auteurs de coup d'Etat au Gabon. Une loi presque ad hominem pour permettre à l'homme fort actuel de protéger ses arrières judiciaires et du même coup d'élargir ceux qui lui ont montré la voie quelques années plus tôt. Il ne reste donc plus qu'à réhabiliter le bagnard à la hauteur de son mérite.