Ile Maurice: Vieillissement, manque de relève et faible mécanisation inquiètent le secteur

Le dernier recensement de l'agriculture, publié en août, met en lumière un secteur marqué par le vieillissement de la maind'oeuvre et un manque de relève. L'âge moyen des agriculteurs est de 54,8 ans et seuls 8 % d'entre eux ont moins de 30 ans.

Dans les exploitations familiales, la majorité des membres travaillent à temps partiel, tandis que les fermes commerciales sont majoritairement composées d'hommes mauriciens, avec une minorité de travailleurs étrangers. Cette situation souligne l'urgence de former et d'attirer de nouvelles générations afin d'assurer la pérennité du secteur. Parmi les principales contraintes relevées figure le manque de main-d'oeuvre, problème souvent déploré par les associations des planteurs.

À cela s'ajoute un faible niveau de mécanisation, avec des écarts notables entre exploitations familiales et fermes commerciales. Dans les exploitations familiales, la préparation des sols est mécanisée à 51 %, l'irrigation à 31 % et l'application de pesticides à 21 %. Dans les fermes commerciales, la préparation des sols est mécanisée à 47 %, l'irrigation à 52 % et l'application de pesticides à 34 %. Si certaines étapes du processus agricole sont donc partiellement mécanisées, l'utilisation d'équipements modernes reste encore limitée dans l'ensemble du secteur.

Selon Aneerood Ramgoolam, planteur de longue date, «il est aujourd'hui devenu indispensable de recourir à la main-d'œuvre étrangère. Les membres de la famille participent lorsqu'ils le peuvent, mais cela reste insuffisant.» Il souligne que les facilités de mécanisation, comme l'utilisation d'un tracteur, sont surtout avantageuses pour ceux qui possèdent plusieurs arpents de terre et ne sont pas viables sur de petites surfaces.

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Le manque d'eau, nécessitant un arrosage manuel lors des périodes de sécheresse, complique encore la situation, rappelle-t-il. Selon lui, il est essentiel de revoir le système agricole pour permettre la mécanisation, intégrer l'innovation et proposer des formations approfondies afin d'attirer les jeunes tout en intégrant la main-d'oeuvre étrangère, quand c'est nécessaire. Une bonne production de qualité, de fruits et légumes, dit-il, aurait pu être exportée.

Manilall Dhoboj, secrétaire général de la Grand-Port/Savanne Tea Cooperative Federation, souligne que le secteur du thé dépend en grande partie de travailleurs expérimentés venus du Bangladesh, de l'Inde, du Népal ou de Chine.

Il relève également le désintérêt des jeunes pour ce métier, attirés par des emplois offrant de meilleurs salaires et des conditions de travail plus attrayantes. «Le secteur du thé nécessite en effet de la main-d'œuvre pendant dix mois de l'année. Environ sept mois pour la cueillette et trois mois pour la préparation des champs. Or, un petit planteur ne peut assumer seul ces tâches ni importer directement des travailleurs étrangers.»

Considérant le problème de manque de main-d'œuvre, il estime qu'il faudrait faciliter l'arrivée d'ouvriers étrangers à travers des contracteurs, afin qu'ils puissent intervenir aussi bien dans les champs de canne que dans les plantations de thé. Face au vieillissement de la main-d'œuvre, au désintérêt des jeunes, au faible niveau de mécanisation et au recours nécessaire à des travailleurs étrangers, les acteurs du secteur attendent des solutions intégrées pour assurer la pérennité de l'agriculture.

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