Afrique: Élections dans le continent - Quatre pays, un mois décisif pour la recomposition politique

Panneau de campagne pour le vote
1 Septembre 2025

En septembre 2025, quatre pays africains, le Malawi, la Guinée, les Seychelles et le Gabon, s'apprêtent à organiser des scrutins déterminants pour leur avenir politique. Entre réformes électorales, retour à l'ordre constitutionnel et stratégies de légitimation du pouvoir, ces échéances mobilisent près de 30 millions d'électeurs et attirent l'attention des observateurs internationaux. Ce mois électoral s'annonce comme un tournant majeur pour la stabilité démocratique du continent.

Au Malawi, 19 partis ont présenté des candidats aux élections présidentielles, législatives et locales prévues le 16 septembre. Le Parti du Congrès du Malawi (MCP), dirigé par le président sortant Lazarus Chakwera au pouvoir depuis juin 2020, fait partie des principaux partis en lice.

Plus de 7,2 millions d'électeurs sont attendus, dont 57 % de femmes, pour un scrutin présidentiel à deux tours. Les législatives, quant à elles, se dérouleront selon un système majoritaire uninominal à un tour.

Rappelons que le Parlement malawite de 2019-2025 a été dissous le 23 juillet, conformément à la Constitution qui impose une dissolution de 60 jours avant les élections générales. Cependant, les parlementaires ont été exceptionnellement rappelés le 5 août pour adopter une loi permettant à des milliers d'agents mobilisés de voter hors de leur circonscription.

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Cette réforme vise à garantir le droit de vote aux personnels électoraux, forces de sécurité, journalistes et représentants de partis, souvent empêchés de voter lors des précédents scrutins.

La Guinée aura-t-elle une politique sans opposition ?

En Guinée, le référendum constitutionnel est fixé au 21 septembre. Le processus a été officiellement lancé le 31 août à Conakry, dans une atmosphère étonnamment calme. Ni le gouvernement ni l'opposition pourtant muselée n'ont organisé de campagnes majeures pour mobiliser les électeurs.

Cela dit, nos collègues de RFI soulignent que seuls quelques groupes de soutien aux autorités de Transition ont organisé des activités festives. Il faut dire que la nouvelle Constitution prévoit un mandat présidentiel de sept ans, renouvelable une fois avec la création d'un Sénat et la possibilité pour Doumbouya de se présenter à l'élection présidentielle.

Les Seychelles dans l'attente du 25 au 27 septembre 2025

Aux Seychelles, la campagne électorale a débuté le 18 août. Un record de huit candidats sont en lice pour la présidentielle prévue du 25 au 27 septembre. Le président sortant Wavel Ramkalawan, élu en 2020, affronte notamment le Dr Patrick Herminie, ancien président de l'Assemblée nationale et leader du parti United Seychelles (US).

Ramkalawan avait mis fin, en 2020, à plus de 40 ans de règne du parti US, héritier du coup d'État de 1977. Aujourd'hui, Herminie tente de reconquérir le pouvoir, en valorisant les acquis sociaux de son parti, dans un pays considéré comme l'un des plus prospères du continent.

Le Gabon fait son premier scrutin post-coup d'État

Le Gabon, quant à lui, organise, du 27 septembre au 10 octobre, ses premières élections depuis le coup d'État du 30 août 2023. Dans la capitale et les 9 provinces, une nouvelle génération de candidats, notamment jeunes et femmes, fait son apparition avec des projets de société ambitieux.

La campagne législative se tiendra du 17 au 26 septembre pour le premier tour et du 1er au 10 octobre pour le deuxième tour.  L'opposition, notamment le mouvement Ensemble pour le Gabon (EPG) dirigé par Alain Claude Bilie By Nze, ancien candidat déchu des précédentes élections présidentielles du 12 avril dernier, dénonce une tentative d'exclusion de plusieurs candidats et demande que tous puissent participer pour un scrutin véritablement démocratique.

Il faut dire que septembre 2025 marque une période charnière pour ces quatre pays. Les décisions qui émergeront de ces scrutins façonneront durablement l'avenir politique de la région. Sans initiatives claires en faveur de la démocratie et de la participation citoyenne, ces élections pourraient renforcer les tensions existantes, au lieu de les apaiser.

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