Cameroun: Grossesses scolaires à Njimom - 60 cas choc et responsabilités

1 Septembre 2025

Soixante grossesses enregistrées au lycée de Njimom lors de l'année scolaire 2024-2025 : un chiffre révélé dans une vidéo virale et qui soulève une onde de choc dans la communauté camerounaise. Ce drame interroge les mécanismes de protection des adolescentes et impute une responsabilité collective face à un fléau national .

Un phénomène structurel aux causes multiples

Les grossesses en milieu scolaire ne sont malheureusement pas isolées. Au Cameroun, comme en Côte d'Ivoire où 4 481 cas ont été recensés en 2024, les causes sont systémiques : pauvreté, défaillance de l'éducation sexuelle, pressions culturelles et exploitation par des adultes, y compris des enseignants . Le cas de Njimom s'inscrit dans cette dynamique alarmante, où les adolescentes sont vulnérabilisées par un environnement peu protecteur.

Qui sont les responsables ?

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

La question de la responsabilité divise. Pour certains, les enseignants et encadreurs sont en première ligne, abusant de leur autorité. Pour d'autres, les parents manquent à leur rôle éducatif, évitant les dialogues sur la sexualité. Enfin, l'État est pointé du doigt pour l'absence de politiques pérennes : malgré la fin des exclusions pour grossesse au Cameroun, les dispositifs d'accompagnement restent insuffisants .

Des solutions urgentes à mettre en oeuvre

Face à ce drame, une réponse multidimensionnelle s'impose. L'introduction de l'éducation complète à la sexualité dans les programmes scolaires est cruciale, tout comme le renforcement des signalements d'abus. La réintégration des jeunes mères doit être facilitée, via des structures adaptées comme l'enseignement à distance ou le soutien psychosocial . La mobilisation communautaire et religieuse est également essentielle pour briser les tabous.

L'avenir de Njimom et au-delà

Le cas de Njimom doit servir de catalyseur national. Sans action urgente, des milliers de jeunes filles continueront de voir leur avenir compromis. Une école sûre et inclusive est un droit fondamental : le protéger engage la responsabilité de tous.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.