Tunisie: Adel Abid, directeur du FIFAK - « Le financement est la clé de voûte de la réussite d'un festival »

1 Septembre 2025
interview

Adel Abid, directeur du Fifak et président de la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (Ftca), explique dans cet entretien les raisons du report de la 38e édition du Fifak et ses conséquences sur la bonne marche du festival.

Quelles sont les raisons du report de la date du Fifak et quelles en sont les conséquences ?

Le report a été forcé malheureusement et, comme tout report, il y a des aspects positifs et d'autres négatifs. Parmi les aspects négatifs : quelques invités n'ont pas pu synchroniser avec les nouvelles dates tandis que d'autres ont pu venir assister au festival.

La logistique matérielle pour le bon déroulement du festival, entre autres le matériel de projection, de son et d'éclairage qui n'ont pu être fournis par les services du ministère de la Culture parce qu'ils servaient d'autres manifestations dont le festival de Carthage et de Hammamet.

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Étant en fin de saison estivale, on a perdu quelques festivaliers qui ne pouvaient pas décaler leurs vacances.

Dans l'ensemble, après quelques soirées, on a constaté que les points positifs sont plus nombreux que ceux négatifs.

On a remarqué qu'il y avait des problèmes au niveau du transport des invités, comment avez-vous réglé ce désagrément ?

Pour le transport tout comme le financement, il faut passer par un comité, en présence d'un contrôleur de dépenses qui doit valider le dossier. En ce qui concerne le financement du Fifak, le dossier est déposé au Cnci, principal partenaire officiel en rapport avec le financement public, alors que pour le transport il passe par le ministère de la Culture et le département qui finance les associations.

Normalement, les deux départements devraient synchroniser entre eux. On était habitué à recourir à la location, mais le problème d'émission de chèques a bloqué quelque part nos plans.

Les contretemps que vous venez d'évoquer sont-ils la cause du report ?

Pas nécessairement. Le festival c'est des projections de films, des compétitions, des ateliers et des débats. Tout s'est passé comme prévu. On a travaillé pendant trois mois sur la sélection des films, la conception des ateliers, les thématiques des rencontres avec la Ftca et nos partenaires tels que l'Atpcc en rapport avec l'édition, un partenariat avec Amnesty autour du film de Lotfi Achour, avec la Ltdh autour du film d'ouverture, un documentaire qui pose l'angle du droit international en rapport avec la cause palestinienne.

On a tout préparé à l'avance y compris les contrats nécessaires. Le virement des deux subventions du Fifak et de la Ftca a été effectué en mai 2025, ce qui nous a laissés dans une contrainte de temps pour préparer le rapport financier dans une période très réduite et causer un retard au niveau du rapport du commissaire aux comptes.

Le rapport financier constituait la pièce maîtresse dans le dossier du financement public. Finalement, on est parvenu à un consensus, ce qui est déjà un pas.

Actuellement, où en est la situation financière du Fifak ?

Cette 38e édition est très réduite du point de vue des dépenses. On essaie de régler quelques dettes de la session précédente. La subvention est restée presque la même. Il y a une petite réduction qui ne touche pas l'ensemble du budget.

La subvention publique est passée de 200 mille à 190 mille dinars, ce qui est insuffisant pour un festival qui a 61 ans et une Ftca qui existe depuis 63 ans.

C'est peu pour continuer à relever le défi qui consiste à créer plus de clubs et à drainer plus de jeunes. Je pense qu'il est préférable que le ministère de la Culture prenne en charge, comme autrefois, la logistique et que la Ftca s'occupe de tout ce qui est artistique et de l'organisation.

Ainsi, le festival pourrait se dérouler dans des conditions favorables et ne pas avoir affaire à des obstacles avec les fournisseurs ou encore les hôteliers.

On a constaté l'absence de certains anciens clubs et la présence de nouveau-nés.

Les anciens clubs tels que celui de Hammam-Lif ou Tahar Hadded et Hammam Leghzaz participent avec des films en compétition internationale.

Les nouveaux clubs qu'on vient d'instaurer, à l'instar du club de Sidi Hassine qui a à peine 10 mois, participent avec un film à la compétition nationale, le club du Bardo créé en octobre 2024 ainsi que celui de Korba participent au concours de la compétition photo et scénario ainsi que le club de Tataouine avec deux scénaris.

Le club du Kef qui existe depuis deux ans participe avec un film réalisé à partir de l'intelligence artificielle.

Au fait, on essaie d'élargir et d'établir des connexions partout en Tunisie. On a participé à la création de 25 nouveaux clubs répartis sur tout le territoire. D'autres clubs seront prochainement constitués à Gafsa, Kasserine et Bir Mecherga. Ces clubs ont besoin de plus d'encadrement ce qui nécessite plus de moyens.

Il y a une effervescence, au niveau de la jeunesse qu'il faut prendre en charge pour éviter qu'elle dérape et se perde.

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