Burkina Faso: Une nouvelle loi pour reconnaître les mariages coutumiers et religieux

Mariage coutumier
2 Septembre 2025

Ce lundi 1er septembre 2025 à Ouagadougou, des députés ont applaudi avec enthousiasme après le vote dans la salle de l'Assemblée. Les 71 membres présents à l'Assemblée Législative de Transition (ALT) ont adopté à l'unanimité le nouveau Code des personnes et de la famille. Un texte historique, attendu depuis plus de trois décennies, qui rebat les cartes du droit familial au Burkina Faso.

Le nouveau Code burkinabè ramène l'âge légal du mariage à 18 ans pour les filles comme pour les garçons, une avancée en matière d'égalité et de protection de l'enfance. La réforme adoptée par les parlementaires prévoit toutefois une exception à partir de 16 ans mais uniquement en cas de motifs graves et avec l'accord du juge. Une manière selon les autorités de respecter certaines réalités sociales sans renoncer à la protection des mineurs.

Dans cette réforme, une nouveauté vient recentrer et sécuriser le socle familial, celui de la reconnaissance des mariages religieux et coutumiers qui marque l'un des tournants les plus symboliques de cette réforme. Ces unions très fréquentes au Burkina Faso n'avaient jusqu'à présent aucune valeur juridique, mais uniquement sociale.

Désormais, les mariages coutumiers et religieux pourront être transcrits à l'état civil et produire les mêmes effets qu'un mariage civil. Un changement majeur pour des milliers de couples souvent confrontés à des situations juridiques floues, notamment en cas de séparation, d'héritage ou de décès.

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Le ministre de la Justice des Droits humains et des Relations avec les institutions, M. Edasso Rodrigue Bayala, précise que « ce nouveau Code est une réponse aux aspirations profondes de notre société. Il allie innovation juridique, respect des valeurs culturelles et volonté de bâtir une famille burkinabè plus juste et plus solidaire », a-t-il déclaré après le vote.

Il faut dire que ces réformes viennent apporter un soutien précieux aux familles souvent confrontées à de grandes difficultés après le décès du chef de famille. Dans de nombreux cas, les veuves et les orphelins sont dépossédés de leurs biens, notamment des maisons, au profit de la famille du défunt.

Pour le gouvernement, il s'agit avant tout de préserver les repères culturels et de renforcer la cellule familiale dans un contexte de crise sociale et morale. Dans les villages comme dans les quartiers populaires de Ouagadougou, nombreux sont ceux qui saluent cette loi qui remet la famille au centre.

Par contre, un défi reste désormais celui de l'application de cette loi. Il faut dire que transcrire un mariage coutumier ou religieux exigera des démarches administratives, un accompagnement juridique, et surtout une sensibilisation sur l'ensemble du territoire. Même si pour beaucoup, cette loi redonne un sens à l'engagement matrimonial et ouvre la voie à une meilleure sécurité pour les couples et leurs enfants.

Toutefois, on peut retenir que ce pays d'Afrique de l'Ouest pose un acte fort. En valorisant tous les mariages homme-femmes, en renforçant les droits et en affirmant un cadre légal plus inclusif, il choisit de reconnaître les réalités de son peuple et cela sans renier ses principes et ses valeurs.

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