Mali: Le maire de la localité de Dogofry assassiné par des chasseurs traditionnels dozos

Au Mali, on en sait davantage sur l'assassinat du maire de Dogofry, dans la région de Ségou, dans le centre du pays. Modibo Kimbiri a été tué le 30 août 2025 par des hommes armés. Il était le maire de cette commune à laquelle appartient le village de Farabougou. Le 19 août, Farabougou a été attaqué par les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, qui en ont pris le contrôle. La zone est depuis plusieurs années le théâtre d'une bataille féroce entre le Jnim d'une part, et les militaires maliens et chasseurs traditionnels dozos d'autres part. Selon les informations recueillies par RFI, ce sont des chasseurs dozos qui ont tué Modibo Kimbiri.

Modibo Kimbiri a été assassiné dans l'après-midi du samedi 30 août entre Dogofry et Diabali où les militaires maliens et leurs partenaires russes de l'Africa Corps possèdent un camp. Des hommes armés ont ouvert le feu sur son véhicule. Le maire de Dogofry et son chauffeur ont tous deux péri sous les balles. Leurs corps ont été transportés à Niono où ils ont été inhumés dimanche.

Les nombreuses sources jointes par RFI - habitants et représentants communautaires - attribuent toutes cet assassinat à des chasseurs traditionnels dozos. Les dozos se sont mués depuis de longues années en groupe d'auto-défense face aux jihadistes et servent d'ailleurs régulièrement de supplétifs à l'armée malienne.

Attaque sanglante à Farabougou

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Il y a deux semaines, le Jnim a mené une attaque meurtrière à Farabougou au cours de laquelle une dizaine de militaires maliens et au moins six civils ont été tués. Cinq soldats ont également été capturés puis exhibés dans une vidéo de revendication diffusée par les jihadistes.

Accord local avec le Jnim

Depuis, l'armée malienne n'est pas retournée à Farabougou. Le village est sous le contrôle du Jnim depuis deux semaines et de nombreuses familles ont trouvé refuge à Dogofry, chef-lieu de la commune.

Son maire, Modibo Kimbiri, multipliait ces derniers jours les rencontres pour convaincre les populations d'accepter un accord local avec le Jnim : en clair, de se soumettre afin de pouvoir circuler sans danger et d'éviter que Dogofry ne subisse à son tour une attaque sanglante. Des centaines de villages dans le pays se sont résignés à conclure de tels accords, notamment ces derniers mois, leurs habitants acceptant de se conformer aux règles religieuses des jihadistes ou encore de leur payer l'impôt.

Mais les chasseurs dozos sont opposés à ce projet et, selon les témoignages recueillis par RFI, c'est la raison de l'assassinat du maire de Dogofry. Les représentants des chasseurs sollicités par RFI n'ont pas donné suite.

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