L'accord de principe signé à Doha au Qatar entre l'armée congolaise et l'AFC/M23 visant à cessez-le-feu, semble connaître de grosses complications quant à son application stricte. Alors que les deux parties se trouvent chez les Qataris depuis deux semaines, les tensions persistent et s'intensifient dans le Sud-Kivu
Cela fait exactement deux semaines que l'armée congolaise et l'AFC/M23 séjournent à Doha, dans le cadre des pourparlers liés à l'application et au respect de l'accord de principe en vue du cessez-le-feu. C'accord, supposé conduire à une paix durable, avait été signé le samedi 19 juillet dans la capitale du Qatar.
Depuis plusieurs jours, les affrontements ont repris à Uvira, à Fizi et à Mwenga dans le Sud-Kivu ; et à Walikale au Nord-Kivu.
Ces affronts ont fait réagir le président Antoine Félix Tshisekedi le 30 août dernier, qui a fustigé le fait qu'il y ait certains « Congolais qui se mettent à la solde des voisins qu'il faut combattre jusqu'à la dernière énergie », avant d'ajouter : « Dialogue oui, mais avec ceux qui veulent construire le pays et non avec ceux qui sont inféodés au diktat des pays voisins ».
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Cette sortie du président congolais n'a pas laissé Corneille Nangaa indifférent. Selon RFI, le coordinateur et porte-parole de l'AFC a tenu des propos menaçants hier, 1er septembre 2025. « Tenez-le pour dit, il y aura une réponse appropriée, jusqu'à la neutralisation de la menace à la source », a-t-il avancé pour répondre au chef d'État Félix Tshisekedi.
Des accusations partagées
Sur ces récents combats, l'AFC/M23 accuse l'armée congolaise d'avoir attaqué ses positions. L'armée congolaise, quant à elle, accuse les rebelles d'avoir incendié de nombreuses maisons le 28 août 2025 à Ruberiki dans le territoire Masisi. Dans le même temps, elle accuse l'AFC/M23 de détenir illégalement plusieurs jeunes, et mineurs qui sont exploités comme « pisteurs, comme boucliers humains ».
Cependant, si le conflit demeure une inquiète majeure, l'espoir de la paix peut être présente, car pour l'instant, aucune partie n'a quitté la table des discussions entamées à Doha. Si l'accord de paix global est respecté, celui-ci devrait également rétablir l'autorité de l'Etat dans l'Est de la RDC.
Cette partie du pays est une zone de conflit depuis plus de trois décennies, certainement en raison de son sous-sol riche en minerais. La mise en application de l'accord de principe pour restaurer la paix est attendue par les Congolais.