Ile Maurice: Les cours particuliers, entre réussite et surcharge pour les élèves

1 Septembre 2025

À Maurice, les leçons particulières ne sont plus un simple soutien scolaire : elles sont devenues une véritable culture. Pour certains, elles constituent un tremplin vers la réussite ; pour d'autres, elles pèsent sur la vie des enfants et sur le budget familial.

Le regard des enseignants

Suraj, enseignant du secondaire, observe ce phénomène au quotidien : «Certains élèves ont réellement besoin de cours particuliers, mais d'autres non. Beaucoup suivent des leçons sans même savoir pourquoi. Comme la majorité des parents travaillent jusqu'à tard, les enfants sont envoyés aux leçons aussi pour des raisons de sécurité. Mais si ces cours devenaient obligatoires, je serais contre. À l'école déjà, nous faisons de notre mieux pour transmettre les connaissances. Les leçons devraient rester un complément.»

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Un enseignant du primaire partage également son expérience : «Les leçons sont devenues partie intégrante de la vie des enfants. Pour certains, elles sont une bénédiction, pour d'autres, une charge supplémentaire. En petits groupes, surtout le week-end, les élèves reçoivent plus d'attention et gagnent en confiance, notamment avant les examens comme le PSAC. Les parents, souvent pris par le travail, voient dans les leçons un investissement pour l'avenir de leurs enfants.»

Mais ce système a ses limites. Les journées des élèves, déjà longues, se prolongent tard dans la soirée, laissant peu de place au repos, aux loisirs ou à la vie de famille. Les frais constituent un autre défi. Si l'éducation est gratuite à Maurice, le coût des leçons particulières ne cesse d'augmenter.

Pour certaines familles, cela représente un poids financier considérable. Des enfants sont parfois inscrits non pas par besoin réel, mais par peur d'échouer ou par pression sociale. Certains parents dénoncent même une «marchandisation» de l'éducation, où les résultats scolaires deviennent prétexte à des dépenses supplémentaires.

La voix des parents

Pour Vandani Komul, maman d'un élève du primaire, les leçons restent avant tout un soutien pratique : «Avec les nouveaux manuels et le rythme scolaire qui s'accélère, les parents n'ont pas toujours les moyens ou le temps d'aider leurs enfants. Dans ce contexte, les cours particuliers sont un plus.»

Shania Auckburally, mère d'une adolescente de 14 ans, abonde dans le même sens : «Nous, parents, travaillons. Les classes deviennent de plus en plus difficiles, alors c'est bien que les enfants prennent des leçons. Mon fils en bénéficie et je vois la différence.»

Les témoignages recueillis dressent un tableau contrasté. Les cours particuliers permettent un suivi plus personnalisé et rassurent les parents, mais ils entraînent aussi fatigue, inégalités et stress. La ligne de démarcation entre aide indispensable et surcharge reste mince.

Vers un meilleur équilibre ?

La culture des leçons particulières est aujourd'hui profondément enracinée. Si elle contribue à combler certaines lacunes, elle soulève également des questions sur l'égalité des chances et le bien-être des élèves. Certains appellent à des mesures pour encadrer cette pratique : standardiser les tarifs, offrir des exonérations fiscales, ou encore renforcer l'efficacité des heures de classe afin que chaque enfant puisse réussir sans dépendre d'un «deuxième système scolaire».

L'avenir du pays repose sur ses jeunes. Préserver leur équilibre entre apprentissage, loisirs et épanouissement personnel reste un enjeu majeur pour bâtir une société plus forte et plus juste.

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