Cameroun: Témoignages accablants lors du procès sur l'assassinat de Martinez Zogo

Nouvelle journée d'audience hier au tribunal militaire de Yaoundé sur l'affaire de l'enlèvement, la torture et l'assassinat de l'animateur radio Martinez Zogo, directeur de la radio urbaine Amplitude FM. Une nouvelle audience, comme celle du 1eᣴ septembre, centrée sur l'audition des témoins de l'accusation. À la barre se sont succédé deux nouveaux témoins qui ont permis au tribunal d'avancer sur l'exploration de la scène de crime et les caractéristiques de la dépouille au moment de sa découverte.

Lors de cette nouvelle audience du procès Zogo, à Yaoundé au Cameroun ce 2 septembre, le lieutenant colonel César Daniel Dina Bell est le premier témoin à avoir déposé. Au moment des faits, en janvier 2023, il était commandant de compagnie de la ville de Mfou avec des compétences territorialement étendues sur le site de la découverte du corps, au village Ebogo 3.

Son audition, qui a duré cinq heures, a permis entre autres de mettre directement en exergue l'implication d'un des principaux accusés, le lieutenant-colonel Justin Danwe, directeur des opérations de la DGRE, la Direction générale de la recherche extérieure, au moment des faits. Selon le témoignage du lieutenant colonel César Daniel Dina Bell, le lieutenant-colonel Justin Danwe l'avait saisi d'une demande le 6 janvier, par message, pour lui demander s'il connaissait la localisation du domicile de Martinez Zogo.

Des échanges compromettants

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Le 17 janvier, jour de la disparition de ce dernier, il lui écrit de nouveau, cette fois pour lui dire qu'il n'est plus intéressé par cette « cible » et surtout pour lui demander d'effacer le contenu de leurs échanges sur le sujet. A-t-il, plus tard, fait le lien entre ces échanges et la découverte du corps sans vie de Martinez Zogo ? Question posée avec insistance par les avocats des parties au procès. « Non » a répondu le témoin, le justifiant par la haute estime qu'il avait à l'époque du lieutenant-colonel Justin Danwe.

Le deuxième témoin, le Dr Mogue, médecin légiste, a pour sa part rendu compte devant l'assistance de l'état de la dépouille et l'autopsie qui avait été pratiquée. Un récit glaçant sur les constatations de traces de tortures physiques et sexuelles, avec objet contondant, qu'avait subi Martinez Zogo et qui d'après le médecin ont entraîné sa mort.

La légiste s'est aussi voulue formelle. Le site de la découverte de la dépouille est une scène de crime secondaire. Pour elle, Martinez Zogo avait été assassiné sur un autre site et le corps a été transporté et déposé à Ebogo 3, trois jours au minimum avant sa découverte.

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