Adopté par le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) lors de sa 1298e réunion tenue le 27 août 2025 sur l'exposé relatif au Système continental d'alerte précoce (CEWS) ; « Cartographie des risques et des menaces ».
Le Conseil de Paix et de Sécurité,
Rappelant le Protocole portant création du CPS de l'UA, en particulier ses articles 7 et 12 sur l'alerte précoce et l'action rapide ; l'Architecture africaine de Paix et de Sécurité (APSA) ; l'Agenda 2063 (Aspiration 4) ; la Feuille de route principale de l'UA sur les mesures pratiques visant à faire taire les armes en Afrique à l'horizon 2030 ; et d'autres décisions pertinentes sur la lutte contre le terrorisme, la sécurité maritime, les changements anticonstitutionnels de gouvernement (CAG), la criminalité transnationale organisée, les cybermenaces et la désinformation ;
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Rappelant également ses décisions et déclarations antérieures sur la CEWS, en particulier le communiqué [PSC/PR/COMM.1208 (2024)] adopté lors de la 1208e réunion tenue le 16 avril 2024, sur la communication conjointe du Comité des services de renseignement et de sécurité en Afrique (CISSA), du Centre de lutte contre le terrorisme de l'Union africaine (AUCTC) et de l'AFRIPOL sur la suppression des obstacles à l'efficacité du CEWS, soulignant la nécessité impérative d'un CEWS robuste et pleinement opérationnel pour prévenir et atténuer efficacement les conflits ; et le communiqué [(PSC/PR/COMM.1274 (2025)] adopté lors de sa 1274e réunion tenue le 16 avril 2025 sur l'examen des conclusions de la quatrième retraite conjointe du CPS de l'UA et du Mécanisme africain d'Évaluation par les Pairs (MAEP) qui s'est tenue les 7 et 8 avril 2025, qui, entre autres, a souligné l'importance d'intégrer des mécanismes structurels de prévention, tels que des outils d'alerte précoce et des évaluations de la résilience, dans les stratégies de gouvernance aux niveaux national et continental, en veillant à ce qu'ils éclairent l'élaboration des politiques publiques et les processus décisionnels ;
Prenant note du de l'allocution liminaire de S.E. Dr Mohamed KHALED, Ambassadeur, Représentant permanent de la République algérienne démocratique et populaire auprès de l'UA et Président du CPS de l'UA pour le mois d'août 2025, ainsi que du discours introductif de S.E. Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité ;
Prenant également note des exposés de S.E. Ambassadeure Marie-Antoinette Rose QUATRE, Secrétaire exécutive du MAEP, de M. Lallali Idris LAKHDAR, Directeur par intérim du CTC de l'UA, et de M. Maxwell Yaw KUMAH, chercheur principal et analyste du CISSA ;
Prenant en outre note des déclarations des représentants des Forces régionales africaines en attente de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), de la Capacité régionale d'Afrique du Nord (CRAN) et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) ; et
Agissant en vertu de l'Article 7 de son Protocole, le Conseil de Paix et de Sécurité:
1. Félicite l'AUCTC, le CEWS, AFRIPOL, CISSA, le MAEP, les CER / MR et les États membres pour leur coopération soutenue et collaboration sur le CEW ;
2. Souligne la nécessité impérative d'assurer la cohérence des politiques entre les institutions afin de garantir que les différentes institutions et agences coordonnent leurs efforts pour atteindre des objectifs politiques cohérents qui se renforcent mutuellement ; à cet égard, appelle à une approche plus cohérente et intégrée entre les institutions de l'UA, les États membres et les CER/MR dans la gestion des risques sécuritaires, en mettant en place une gouvernance solide, des mécanismes de coordination et des systèmes d'échange d'informations afin de prévenir les conflits et les inefficacités, et de promouvoir les synergies dans le plein respect des politiques de l'UA et de leurs mandats respectifs ;
3. Souligne la nécessité pour l'UA d'avoir la capacité pour anticiper les risques grâce au CEWS, et de veiller à ce que son analyse informe directement la définition de l'ordre du jour et les délibérations du CPS, en vue d'améliorer l'analyse d'alerte précoce, la surveillance en temps réel et la prévision des crises en intégrant des outils avancés de collecte de données, d'analyse et des cadres de collaboration pour permettre la détection, l'évaluation et la prévention en temps opportun des menaces à travers le continent ;
4. Reconnaît l'écart existant entre l'alerte précoce et l'action précoce, qui compromet les efforts de prévention des conflits en retardant les réponses, et la nécessité d'y remédier en renforçant le CEWS, en améliorant l'analyse conjointe et la planification de scénarios, et en favorisant une plus grande adhésion et une meilleure coopération entre les États membres et les CER/MR afin de faciliter la mise en place de mesures préventives concrètes ; à cet égard, souligne la nécessité impérative de combler le fossé entre l'alerte précoce et l'action rapide, qui est essentiel pour que le CPS, les institutions de l'UA et les États membres puissent prendre en temps utile des mesures préventives fondées sur des données probantes contre des menaces telles que les conflits, le terrorisme et la criminalité organisée ;
5. Rejette fermement toute forme d'ingérence étrangère dans les affaires intérieures des États membres de l'Union africaine qui attise les conflits sur le continent ; et exhorte les acteurs extérieurs à mettre fin à cette pratique ;
6. Condamne tous les actes de terrorisme et d'extrémisme violent, ainsi que l'exploitation des communautés et le recours à des économies illicites par des groupes armés ; rend hommage aux hommes et aux femmes qui ont fait le sacrifice ultime en première ligne dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent ; et encourage, dans ce contexte, la poursuite de la coopération technique sur les questions urgentes liées à la lutte contre le terrorisme avec les pays suspendus de l'UA en raison de CAG, dans le strict but d'atténuer les menaces communes pour la sécurité et de créer les conditions d'un retour à l'ordre constitutionnel, conformément aux normes de l'UA ;
7. Souligne l'importance de préserver l'État national et ses institutions et de respecter le principe de « la responsabilité première de l'État » et le rôle central de ses institutions nationales chargées de l'application de la loi dans le contexte de la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme ;
8. Souligne la nécessité de lutter contre toutes les organisations terroristes sans exception et insiste sur la nécessité de garantir la responsabilité de ceux qui les parrainent ou les soutiennent, notamment en fournissant des refuges, des armes et une formation aux « combattants terroristes étrangers » ;
9. Souligne la nécessité d'élaborer des Perspectives continentales en matière de sécurité comme outil de planification stratégique alimentant directement le calendrier du CPS et guidant les initiatives de diplomatie préventive et de médiation, et souligne l'institutionnalisation d'un rapport semestriel ou annuel sur les Perspectives continentales en matière de sécurité, produit conjointement par les structures compétentes de l'UA, comme outil de planification stratégique et de plaidoyer ; et souligne également la nécessité de créer, dans le cadre des ressources et des structures existantes, une cellule d'analyse conjointe CEWS-AUCTC (Cellule analytique commune, JAC), afin de fusionner l'analyse politico-gouvernementale avec le renseignement opérationnel, qui comprendrait (i) des perspectives trimestrielles sur la sécurité continentale avec des visuels géographiques ; (ii) des alertes de convergence lorsque les seuils de risques multiples sont dépassés ; et (iii) des notes de décision de crise concises formatées pour l'action du CPS) ;
10. Souligne l'importance d'intégrer le système de surveillance et d'analyse du terrorisme (TMAS) de l'AUCTC dans le tableau de bord du CEWS, ce qui permettrait aux sessions du PSC spécifiques à chaque pays d'être informées par un exposé cartographique interactif et stratifié sur les menaces et les risques ;
11. Souligne la nécessité de renforcer le CEWS et encourage l'amélioration de la coordination entre le CEWS et les CER/MR conformément aux principes de subsidiarité et de complémentarité de l'APSA, avec un ordre clair des actions afin d'éviter les chevauchements et d'assurer la cohérence et, d'institutionnaliser des exercices réguliers de cartographie de la sécurité et des réunions de consultation entre le CPS et les MR ; À cet égard, demande à la Commission de l'UA de travailler en étroite collaboration avec les CER/MR et le MAEP à l'élaboration d'un protocole clair sur la diplomatie et l'action préventives intégrées, qui traite du paradoxe du principe de subsidiarité et clarifie les rôles et l'ordre des actions, conformément à l'esprit du protocole d'accord sur la coopération dans le domaine de la paix et de la sécurité entre l'UA, les CER/MR ;
12. Reconnaît l'importance de la bonne gouvernance pour la prévention des conflits, car elle s'attaque aux causes profondes des conflits en garantissant la transparence, la responsabilité, l'inclusivité et l'État de droit, ce qui peut empêcher les tensions de dégénérer en conflits violents ; à cet égard, souligne la nécessité de promouvoir la bonne gouvernance par des initiatives telles que le renforcement des institutions, la promotion de la participation citoyenne et la promotion d'un accès équitable aux services, qui sont essentiels pour créer une société stable et pacifique ;
13. Souligne l'importance pour les États membres de prendre en considération les recommandations du MAEP en matière de gouvernance ; et demande au MAEP de soutenir les piliers fondamentaux de la gouvernance de la paix du CPS en procédant à un recensement technique de tous les accords de paix existants, en utilisant les critères de référence de l'UA en matière de gouvernance pour identifier les convergences, les divergences et les décisions non mises en oeuvre ; ainsi qu'en élaborant une feuille de route orientée vers l'action pour traiter ces questions, qui seront soumises à l'examen du CPS ;
14. Exprime sa vive préoccupation face aux flux financiers illicites et toutes les formes de vol financier, y compris les vols de cryptomonnaies par des cybercriminels malveillants, qui ont atteint des niveaux sans précédent ; à cet égard, se félicite de l'adoption des Principes directeurs non contraignants visant à prévenir, détecter et perturber l'utilisation des technologies financières nouvelles et émergentes à des fins terroristes, comme adoptés en janvier 2025 par le Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité des Nations unies, appelés « Principes directeurs algérien », et encourage les États membres à adhérer à ces principes ;
15. Demande à la Commission de l'UA de coordonner la mise en place, dans le cadre des ressources et des structures existantes, d'un Groupe de travail continental sur les finances illicites, avec toutes les institutions et les mécanismes régionaux concernés, afin de (i) cartographier les réseaux hawala/d'argent mobile exploités par les groupes et réseaux terroristes extrémistes ; (ii) établir des bases de référence en matière de conformité des crypto-VASP ; (iii) mener des opérations conjointes de renseignement financier sur la contrebande de produits extractifs ; et (iv) lancer un protocole d'alerte transfrontalière rapide pour les transferts suspects liés aux zones de convergence ;
16. Réitère sa demande à la Commission de l'UA, au MAEP et aux CER/MR de finaliser un mécanisme de coordination global sur l'Évaluation de la vulnérabilité structurelle et de la résilience des pays (CSVRA) et les Stratégies d'atténuation structurelle des pays (CSVMS) et de le soumettre au CPS d'ici décembre 2025 ;
17. Se félicite de la mise en place d'un Atlas continental de la sécurité comme outil d'aide à la décision pour la prévention et l'action précoce, et charge la Commission de l'UA, en collaboration avec l'AUCTC, l'AFRIPOL, la CISSA et le MAEP, de mettre en place et à institutionnaliser d'ici décembre 2025 un outil dynamique et continuellement mis à jour de cartographie des risques pour, permettre au CPS de renforcer sa capacité à donner l'alerte précoce pour une action rapide, en fournissant une image consolidée des menaces, des vulnérabilités et des déclencheurs potentiels, y compris des niveaux de risque codés de couleur liés à un menu préautorisé d'outils diplomatiques, de sécurité et de stabilisation ; un examen annuel des alertes suivies d'effets/manquées avec les enseignements tirés ;
18. Encourage les États membres à se conformer aux décisions et recommandations de l'UA en rendant régulièrement compte de leurs activités et en favorisant une meilleure communication et la mise en place de mécanismes conjoints avec d'autres organes de l'UA et organismes régionaux ;
19. Demande à la Commission de l'UA de collaborer d'urgence avec les partenaires internationaux concernés, en vue d'intégrer les CER et les RM dans les cadres de financement de l'UA et de ses partenaires afin de soutenir leurs actions, en particulier dans le domaine de la collaboration en matière d'alerte précoce ;
20. Demande en outre à la Commission de l'UA de fournir régulièrement au CPS des informations actualisées sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du présent communiqué ; et
21. Décide de demeurer activement saisi de la question.