Madagascar: Barea/Attribution de logements - D'autres disciplines réclament des traitements égalitaires

Après leur brillant parcours au Championnat d'Afrique des Nations, les Barea CHAN, vice-champions d'Afrique ont reçu la promesse présidentielle d'une villa chacun. Une annonce qui a secoué le paysage sportif malgache.

Beaucoup saluent cette reconnaissance historique pour le football local, mais d'autres disciplines n'ont pas tardé à exprimer leurs réserves. « Pourquoi toujours privilégier le ballon rond ? », s'interrogent quelques fédérations, qui rappellent que Madagascar a déjà brillé sur d'autres terrains.

Le basket 3x3 compte deux sacres continentaux masculins et un féminin. L'haltérophilie cumule les médailles d'or africaines, avec Rosinah Randafison vice-championne du monde. La pétanque, auréolée de deux titres mondiaux seniors et un junior, reste une référence internationale. À ces réussites s'ajoutent le judo, le tennis de table ou encore le kick-boxing, la boxe française savate, le tennis...

Des disciplines aux palmarès solides mais restées dans l'ombre des largesses présidentielles. « Je suis fier pour les Barea, ils le méritent car le football est le sport roi. Mais je pense aussi à ceux qui s'entraînent dans des conditions précaires et qui ramènent pourtant des titres sans la moindre reconnaissance », admet un ancien international.

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Entre fierté et frustrations

Le débat enfle sur les réseaux sociaux. D'un côté, le football bénéficie d'un statut particulier car il représente la vitrine la plus populaire du pays. De l'autre, ce choix accentue les inégalités.

« Tous défendent le même drapeau, tous portent la même mission, celle d'honorer Madagascar. Nous n'attendons pas forcément une villa, mais au moins une égalité de traitement. Ce qui compte, c'est que l'État croit en nous et nous accompagne », insiste une autre athlète qui garde son anonymat par peur de représailles.

La question du financement alimente aussi les débats : ces villas sont-elles inscrites dans le budget national ou relèvent-elles d'une initiative personnelle du chef de l'État ? Dans un contexte où les moyens pour le sport restent limités, la pérennité de ce type de gestes ponctuels interroge.

Beaucoup plaident pour une stratégie durable plutôt que des récompenses spectaculaires. L'amélioration des infrastructures, la préparation des athlètes et un soutien équitable devraient primer.

« C'est une triste réalité à Madagascar : il n'existe pas de statut clair pour les sportifs de haut niveau. Sans barème fixe, l'État agit au cas par cas. Un centre d'entraînement moderne et ouvert à toutes les disciplines aurait beaucoup plus de sens », regrette Joseph-Berlioz Randriamihaja, champion d'Afrique du 110 m haies en 2000.

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