Cote d'Ivoire: Un «cyberactiviste» interpellé après avoir évoqué les délibérations du Conseil constitutionnel

En Côte d'Ivoire, le PPA-CI, le parti dirigé par l'ancien président Laurent Gbagbo, dénonce l'arrestation d'un de ses militants, survenue dans la nuit de lundi à mardi 2 septembre. Présenté comme un « cyberactiviste », Mamadou Zigui aurait été interpellé à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo évoquant les délibérations prochaines du Conseil constitutionnel au sujet de la liste définitive des candidats à la présidentielle d'octobre.

Ces derniers mois, plusieurs militants du parti ont été interpellés par les forces de l'ordre, notamment pour « troubles à l'ordre public ». Pour Justin Koné Katinan, le président du Conseil politique et stratégique du PPA-CI, cette interpellation est une violation de la liberté d'expression.

« On ne sait même pas pourquoi il a été arrêté, le seul élément qu'on a c'est une vidéo dans laquelle il appelle les Ivoiriens à sortir de façon pacifique, portant le drapeau de la Côte d'Ivoire pour aller le 10 septembre [date à laquelle le Conseil constitutionnel rendra publique la liste définitive des candidats à la présidentielle, NDLR] s'asseoir dans les maquis pour écouter les délibérations. Si cela est vrai, est-ce suffisant pour interpeller ce jeune homme-là, dans ces conditions ? On ne peut pas continuer de vouloir faire taire tout le monde. La base fondamentale de la démocratie, c'est le désaccord », détaille-t-il au micro de notre correspondante à Abidjan, Bineta Diagne

Cette décision intervient près de deux mois après la condamnation du sociologue ivoirien Gala Kolébi à 18 mois de prison et à une amende de 500 000 francs CFA. Le 30 juin dernier, le tribunal de première instance d'Abidjan a reconnu ce militant du parti de Laurent Gbagbo coupable de « trouble à l'ordre public » et de « diffusion de fausses nouvelles ». En février, deux autres responsables du PPA-CI avaient été condamnés par la justice pour « atteinte à la sûreté de l'État ». « Laissez les gens s'exprimer dans ce pays, c'est leur droit et c'est constitutionnel ! », peste Justin Koné Katinan.

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