Madagascar: EISA-HDA - « L'éducation numérique doit être une priorité nationale »

Le nombre d'internautes malgaches a connu une croissance de 2,8 millions d'utilisateurs en 2022 en passant à près de 6,6 millions en 2025.

Pareille augmentation témoigne de l'essor du numérique mais pose aussi la question de son encadrement politique et citoyen. Si les réseaux sociaux servent avant tout à communiquer, diversifier les opinions et accéder à l'information, ils posent des problèmes en termes de liberté d'expression, de gouvernance et de sécurité.

Moins de 30 ans

Face à ces enjeux, une conférence de presse a eu lieu hier au Pavé Antaninarenina pour marquer la finalisation du projet « MAHASAKY », initié par l'ONG « Human Development Action » (HDA), en partenariat avec EISA Madagascar (Institut Electoral pour une Démocratie Durable en Afrique).

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Une initiative qui dépasse la simple sensibilisation et s'inscrit dans un débat plus large sur l'avenir démocratique du pays. Coordonné par Herimanantsoa, ce projet a ciblé principalement les jeunes de moins de 30 ans, à travers des enquêtes, focus groups, séances d'information dans les écoles et associations, mais aussi via des supports multimédias adaptés.

« Fake news »

Au-delà de la lutte contre la désinformation, « MAHASAKY » interpelle directement les responsables politiques : Comment garantir une utilisation saine et citoyenne des réseaux sociaux, tout en protégeant la liberté d'expression ?

Les dérives constatées - propagation de « fake news », discours de haine, manipulations d'opinion- mettent en lumière la nécessité pour l'État, les partis politiques et la société civile de définir un cadre clair. D'autant plus que l'usage intensif des réseaux sociaux n'est pas sans conséquences sur la santé publique : perturbations du sommeil, baisse de concentration et exposition aux radiations des téléphones portables.

Éducation numérique

Dans une société où plus de la moitié de la population est jeune, l'enjeu n'est pas seulement technologique mais profondément politique. Les réseaux sociaux deviennent à la fois un outil de contestation, un canal de mobilisation citoyenne et un espace de confrontation idéologique.

À travers « MAHASAKY », HDA et EISA rappellent que l'éducation numérique doit être pensée comme une priorité nationale, afin d'éviter que le vide réglementaire ne transforme l'espace digital en zone de non-droit.

En définitive, l'initiative apparaît comme un avertissement lancé aux décideurs : sans une stratégie politique cohérente et inclusive, le potentiel des réseaux sociaux risque de se retourner contre le développement démocratique et la stabilité sociale du pays.

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