En République démocratique du Congo (RDC), le Conseil d'administration de la Société nationale de l'électricité (Snel) demande la révocation de son directeur général, Fabrice Lusinde. Il est accusé de mauvaise gestion qui compromettrait l'avenir de l'entreprise. Il y a deux ans, l'Assemblée nationale avait exigé sa révocation pour des griefs similaires, mais en vain. L'autorité mise en cause n'a pas encore réagi à ces allégations.
Depuis deux semaines, le conseil d'administration attend du gouvernement la mise à l'écart de Fabrice Lusinde. Dans un courrier transmis au ministre du portefeuille avec copie au président de la République et à la Première ministre, plusieurs faits sont mis à charge du directeur.
Premier grief : des relations conflictuelles, « une insubordination inacceptable » et de « dérives répétées ». Fabrice Lusinde aurait pris des décisions qui violeraient des textes légaux de la société, refusé d'exécuter certaines décisions du conseil, créant ainsi « un climat de tension et d'inefficacité au sein de l'entreprise ».
« Des cas patents de mauvaise gouvernance »
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Dans le courrier, le patron de la société relève des « cas patents de mauvaise gouvernance, caractérisés par une absence totale de transparence dans les opérations financières et administratives ». Le directeur se serait octroyé des avantages indus avec notamment un double salaire.
Une gouvernance actuelle qui « compromet la réputation déjà fragile de la Snel », estime Luc Badibanga, président du conseil d'administration, qui dit « attendre un nouveau leadership capable de relever la société qui continue d'entretenir à ce jour une comptabilité », précise-t-il, « irrégulière et non informatisée ».
En 2023, des commissaires aux comptes ont pointé environ 200 millions de dollars, soit 170 millions d'euros, d'opérations non justifiées dans les livres de la Snel.