Afrique: ONU Femmes dénonce la sous-représentation persistante des femmes dans les médias

L’influence des stéréotypes dans les films et les médias sur la vie et les ambitions de leadership des filles et des jeunes femmes (archive)
4 Septembre 2025

Alors qu’elles constituent la moitié de la population mondiale, les femmes restent largement absentes des contenus médiatiques. La dernière édition du Projet mondial de surveillance des médias (GMMP) révèle que seulement 26 % des sujets et sources d’information sont des femmes, apprend-on d’un communiqué d’ONU Femmes rendu public ce 04 septembre. Une stagnation préoccupante qui freine la marche vers l’égalité.

Selon les résultats 2025 du Projet mondial de surveillance des médias (GMMP), les femmes ne représentent que 26 % des personnes vues, entendues ou citées dans les actualités. Cette étude, la plus vaste sur la représentation des genres dans les médias, est menée par l’organisation internationale de défense des droits à la communication WACC et soutenue par ONU Femmes.

Elle révèle une réalité troublante : la visibilité des femmes dans les médias n’a progressé que de neuf points en trois décennies.

Une invisibilité médiatique qui a des conséquences profondes, en particulier pour les jeunes générations. « Ce manque de représentation est particulièrement critique pour les jeunes femmes et les filles qui ne se trouvent pas dans les médias grand public », souligne le rapport.

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La violence sexiste, une actualité sous-traitée

Plus inquiétant encore, moins de 2 % des articles abordent la violence sexiste, malgré son impact massif à l’échelle mondiale. Et seulement 2 sur 100 remettent en question les stéréotypes de genre. Le journalisme engagé en faveur de l’égalité semble régresser. Selon le GMMP, la couverture médiatique qui s’attaque aux stéréotypes sexistes est aujourd’hui à son niveau le plus bas depuis 30 ans.

« Lorsque les femmes disparaissent, la démocratie est incomplète », alerte Kirsi Madi, directrice exécutive adjointe d’ONU Femmes. « Sans la voix des femmes, il n’y a pas d’histoire complète, pas de démocratie équitable, pas de sécurité durable. » a-t-elle ajouté.

Le rapport met également en lumière une sous-représentation systémique des femmes en tant qu’expertes. Elles sont plus souvent citées pour des témoignages personnels que pour leur expertise, alors que les hommes restent les principales figures d’autorité dans les médias.

Cependant, il y a la présence de quelques signes d’espoir, notamment la présence féminine dans les rédactions qui progresseEn 2025, les femmes représentent 41 % des journalistes dans les médias traditionnels, contre seulement 28 % en 1995. Un changement notable, d’autant plus que les articles écrits par des femmes incluent davantage de sujets féminins.

« Trente ans de données révèlent la persistance de stéréotypes profondément enracinés », affirme Sarah Macharia, responsable du groupe d’experts GMMP. « Il faut changer radicalement de stratégie pour un journalisme plus inclusif. »

Un enjeu mondial à l’horizon de 2030

Ce rapport intervient à cinq ans de l’échéance des Objectifs de développement durable, et alors que la communauté internationale se prépare à commémorer les 30 ans de la Déclaration de Beijing, l’un des textes fondateurs pour l’égalité entre les sexes.

Pour ONU Femmes, l’appel est clair : il faut agir. « La responsabilité incombe désormais aux gouvernements, aux rédacteurs, aux plateformes et aux décideurs », insiste Kirsi Madi. « Nous ne reculerons pas tant que la voix des femmes ne sera pas entendue dans chaque salle de rédaction et dans chaque histoire. »

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