LA nouvelle année scolaire et universitaire a repris ses droits et ses devoirs. Pour les uns, c'est l'enthousiasme, car ils sont bien outillés pour répondre aux exigences de cette échéance, pour d'autres, c'est plutôt l'appréhension et l'incertitude, car démunis et « désarmés. Un tableau déséquilibré qui reflète la réalité du paradoxe de notre système éducatif. Et c'est ce même paradoxe qui justifie, d'ailleurs, les appels du Président de la République à une réforme urgente, profonde et sérieuse de ce secteur stratégique.
C'est que pour lui, l'éducation, par nature, doit évoluer, comme il l'a rappelé haut et fort, jeudi dernier, à l'occasion de la célébration de la journée du Savoir « dans un environnement transparent, juste et humain ». En plus clair, un environnement de justice sociale.
La réforme du système éducatif est d'autant plus importante qu'elle ne manquera pas de s'inscrire dans une dynamique de performance globale et durable, et surtout de préparer une nouvelle génération de compétences capables de servir les choix stratégiques nationaux.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Et il est certain, comme le réaffirme le Chef de l'Etat, que le Conseil supérieur de l'éducation, qui serait opérationnel prochainement, aura un rôle capital dans la transformation et la réinvention de ce secteur prioritaire.
Nous disions justement et à chaque fois, que seule une telle structure serait capable d'assurer toute « une révolution corrective » du secteur et de lui garantir la cohérence et l'efficacité dont il a besoin.
Ce conseil est appelé, en effet, à concevoir de nouveaux concepts et à identifier de nouvelles approches bien adaptées aux exigences locales, et surtout « issues de la volonté du peuple tunisien et sa richesse humaine ». Loin de certains concepts «préfabriqués», notamment étrangers, inutiles et «périmés » et qui continuent à porter préjudice à notre système.
Il est donc clair que pour le Président de la République, les défaillances actuelles ne sont plus permises et que les corrections sont irréversibles et aucune concession ne serait ainsi tolérée. Les enjeux sont justement trop importants pour se permettre le laisser-aller.
Ce qui donne plus d'urgence à la réforme du secteur éducatif, c'est qu'elle ne se contentera pas de préparer une nouvelle génération qualifiée et bien outillée mais également de reconquérir nos compétences ayant déjà émigré. Et cela grâce à un environnement qui favorise la justice et l'égalité des chances, valorise le développement des individus, crée, en permanence, de nouvelles opportunités et sert, continuellement, les talents.
Car, au-delà de la question de l'éducation elle-même, cette réforme est dictée également par le souci de créer un paysage socioéconomique stable, équilibré et attractif.
Un défi qui reposerait, lui-même, sur l'implication, le sérieux et l'engagement de tous les acteurs nationaux. Loin des considérations personnelles et des conflits d'intérêts.