LE secteur de la santé publique, perçu depuis longtemps comme un maillon faible, semble aujourd'hui, beaucoup mieux outillé pour inverser la tendance et gagner, finalement, en efficience et en qualité.
C'est que le gouvernement, sensible à l'ampleur des insuffisances, a vite réagi, pour faire de la promotion de ce secteur stratégique un axe prioritaire. De multiples et importantes mesures ont été ainsi retenues pour l'amélioration de l'infrastructure, la modernisation des équipements médicaux, la diversification des structures d'appui et la réduction des disparités entre les régions en termes de couverture. Tout en tenant compte des enjeux de la proximité, de la simplicité et de la performance.
Il s'agit, en quelque sorte, de réguler, d'orienter et de réinventer même l'offre de services de santé pour que tout le monde en tire le meilleur parti. Des aspirations plutôt légitimes en raison de l'importance du potentiel dont dispose notre pays mais, malheureusement, encore en mal de valorisation et d'optimisation.
C'est, d'ailleurs, pour cette raison que le Président de la République, conscient de cet enjeu, a recommandé, à plusieurs reprises, « la reconstruction, en profondeur, du secteur de la santé », qu'il considère « non seulement comme un droit constitutionnel mais aussi humain ».
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Cela est d'autant plus important que notre pays se prévaut d'un capital professionnel hautement qualifié qui a besoin seulement d'un environnement favorable pour s'épanouir et mieux s'exprimer.
Reste que pour qu'elle soit globale et durable, cette reconstruction doit absolument jouer la carte de la numérisation et de l'innovation. Une orientation indispensable pour gagner le pari de la qualité totale et, surtout, mieux servir notre positionnement à l'international.
Et c'est cette même exigence qui justifie le lancement, prochainement, d'un programme de digitalisation du secteur de la santé, particulièrement l'instauration d'un système d'intelligence artificielle, lesquels donneraient plus de profondeur à ce service public.
Toutes les expériences montrent, en effet, que la numérisation de la santé publique permettra, de toute évidence, l'amélioration de la qualité des services et leur accélération, la garantie d'un meilleur niveau d'efficacité opérationnelle, et le renforcement de l'expérience-patient. Sans parler, bien entendu, de sa capacité à offrir, comme le soulignent certains experts, « des services préventifs, prédictifs, et notamment personnalisés ».
De plus, cette orientation digitale se traduit, généralement, par un impact financier positif, puisqu'elle permet une réduction sensible du coût de la santé, grâce notamment à la rapidité des services, l'optimisation de la période des soins, et la normalisation de la gestion du corps professionnel. Le tout dans un cadre bien sécurisé.
L'on pense néanmoins que la bonne conduite de cette expérience nécessite, au départ, un investissement colossal pour l'acquisition des technologies numériques, la généralisation du haut débit, l'aménagement d'une infrastructure appropriée, et la formation du personnel opérant.
Un financement, certes, assez conséquent, mais qui serait bien amorti et même capitalisé une fois le système est bien en marche.