En prélude à l'élection présidentielle d'octobre 2025, la société civile ivoirienne se mobilise pour prévenir les violences et renforcer la vigilance citoyenne. Du 1er au 2 septembre, une vingtaine de défenseurs des droits humains ont participé à un atelier de formation à Korhogo, initié par le Mouvement Ivoirien des Droits Humains (MIDH), avec l'appui de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), de la Ligue Ivoirienne des Droits de l'Homme (LIDHO) et de la Coalition ivoirienne des Défenseurs des Droits Humains (CIDDH), grâce au soutien financier de l'Union européenne.
Prévenir les violences et renforcer l'espace civique
L'atelier avait pour objectif de doter les participants d'outils concrets de monitoring et de documentation des violations des droits humains en période électorale. Un enjeu majeur, alors que la mémoire des violences post-électorales récentes - ayant causé plus de 50 morts entre 2020 et 2023 - reste encore vive. Malgré l'existence de lois protégeant les défenseurs, l'espace civique demeure fragilisé par les intimidations, restrictions de libertés et menaces diverses.
« Il était important de rappeler aux acteurs de terrain les précautions à prendre et les méthodes pour produire des rapports crédibles », a expliqué Yacouba Ouattara, président de la section MIDH à Korhogo.
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Au programme : notions fondamentales sur les droits des défenseurs, principes de documentation, techniques de collecte et de vérification d'informations, mais aussi sécurité numérique et gestion du stress. Les participants ont également découvert Uwazi, une base de données centralisée développée par HURIDOCS, qui facilite l'organisation et l'analyse des cas recensés.
Un accent particulier a été mis sur la protection des observateurs eux-mêmes : identification des zones à risques, constitution de binômes, communication permanente avec les équipes de coordination, et recours à des outils de localisation en cas d'urgence.
Vers un réseau national de vigilance
Au-delà de Korhogo, les organisateurs prévoient d'étendre ce type de formation à d'autres régions du pays afin de créer un réseau national de défenseurs capables de documenter et dénoncer les violations avant, pendant et après le scrutin. Les rapports produits alimenteront non seulement le plaidoyer national, mais aussi les mécanismes internationaux comme ceux de l'ONU et de la Cour africaine des droits de l'Homme.
Pour le Dr Kouadio Stéphane, directeur exécutif du MIDH, « il ne s'agit pas seulement de documenter les abus, mais aussi de protéger les défenseurs qui, souvent, sont eux-mêmes en première ligne des violations ».
À travers cette initiative, la société civile veut se positionner comme un acteur incontournable de la prévention des crises électorales, en veillant à ce que le respect des droits humains devienne un pilier du processus démocratique ivoirien.