Cameroun: Prière du vendredi à Garoua - Les fidèles quittent la mosquée après un appel au soutien de Paul Biya

6 Septembre 2025

Lors de la prière du vendredi à la mosquée centrale de Garoua, une scène inhabituelle a marqué les esprits : de nombreux fidèles ont quitté les lieux après que l'imam a appelé à prier pour le huitième mandat du président Paul Biya. Cet incident, survenu dans un contexte électoral tendu, illustre les divisions croissantes autour de l'engagement politique des autorités religieuses au Cameroun.

Selon des témoins, l'imam a intégré dans son sermon une invocation en faveur de la réélection du chef de l'État, provoquant une réaction immédiate d'une partie de l'assemblée. Cette démarche intervient alors que des dignitaires musulmans des régions du Nord, y compris le Lamido de Garoua, avaient publiquement apporté leur soutien à Paul Biya pour l'élection présidentielle de 2025. Cependant, cette tentative de mobilisation religieuse semble avoir heurté une frange de la communauté, soucieuse de préserver la neutralité des lieux de culte.

Le contexte local explique en partie cette réaction. Garoua, ville majoritairement musulmane, est située dans une région où les défis économiques et sécuritaires restent prégnants. Les fidèles attendent souvent des prêches qu'ils se concentrent sur les questions spirituelles et sociales plutôt que sur les enjeux politiques. Cet incident reflète également les tensions nationales autour de l'utilisation des tribunes religieuses à des fins de campagne électorale.

Quelques jours plus tôt, une délégation d'imams venus des dix régions du Cameroun s'était rendue au palais de l'Unité pour exprimer son soutien au président Biya. Toutefois, comme le montre la réaction des fidèles à Garoua, cette démarche ne fait pas l'unanimité au sein de la communauté musulmane. Les défis socio-économiques et les attentes de transparence électorale semblent primer sur les consignes partisanes dans l'esprit de nombreux croyants.

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