Togo: Divisions, usure et désillusion des électeurs

7 Septembre 2025

Élus en août 2023, les dirigeants actuels de l'Union des Forces de Changement (UFC) s'apprêtent à passer le relais après deux années de mandat. L'occasion de dresser un bilan qui illustre, au-delà de la vie interne de ce parti historique, les difficultés structurelles que traverse l'opposition togolaise dans son ensemble.

Selon ses responsables, l'UFC a surtout travaillé ces derniers mois à se conformer aux nouveaux textes, assainir ses finances et réorganiser ses structures locales. Le parti a également mis l'accent sur la réconciliation interne et le recrutement de nouveaux militants, signe d'une volonté de tourner la page des querelles qui ont longtemps affaibli la formation.

Le vice-président Séna Alipui, qui a annoncé son retrait du prochain bureau exécutif, a insisté sur l'importance de l'alternance interne et d'une approche collaborative plutôt que conflictuelle : « Nous avons fait le choix de la collaboration pour préserver la paix et l'unité de notre pays ». Une déclaration qui s'inscrit dans une nouvelle stratégie de l'UFC, désormais moins tournée vers l'affrontement direct avec le pouvoir.

Une opposition morcelée et vieillissante

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Mais la perte d'influence de l'UFC ne peut se comprendre qu'en la replaçant dans un contexte plus large. Depuis la scission qui a conduit à la création de l'ANC, le parti fondé par Gilchrist Olympio a vu sa base électorale s'effriter. Plus globalement, c'est toute l'opposition qui souffre d'un net recul.

Les causes sont multiples : divisions internes, leadership vieillissant, incapacité à se renouveler et à proposer une alternative claire au parti au pouvoir, UNIR. Aux yeux d'une partie croissante de la population, l'opposition apparaît déconnectée des réalités sociales et incapable de fédérer autour d'un projet crédible.

Les scrutins successifs témoignent de cette désaffection. L'opposition, fragmentée, peine à s'imposer dans les urnes face à un parti présidentiel solidement implanté sur l'ensemble du territoire. La lassitude des électeurs se traduit par une faible mobilisation, voire un désintérêt croissant pour une opposition jugée sans stratégie claire ni leadership renouvelé.

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