Centrafrique: L'état impraticable d'une route vitale isole les habitants dans le sud-ouest du pays

En Centrafrique, les routes sont souvent dans un état déplorable, particulièrement en saison des pluies. L'exemple le plus frappant est celui de la voie reliant Mbaïki à Boda, dans le sud-ouest du pays. Non réhabilité depuis plusieurs décennies, ce tronçon de 95 km est aujourd'hui presque impraticable. Aujourd'hui, les conséquences sont nombreuses : accidents fréquents, isolement de la région, l'augmentation des coûts de transport et frein au développement des communautés.

Assis dans les broussailles, entouré de marchandises éparpillées, Charly Lamara regarde avec désespoir la carcasse de son camion, tombé dans un ravin il y a une semaine. Ce conducteur a perdu le contrôle de son véhicule à cause des trous profonds et des mares d'eau présents sur la route.

« L'accident était imprévisible. J'ai essayé de foncer, mais la boue couvrait tout le passage et il y avait des trous profonds en dessous. Je faisais des manoeuvres, mais en vain. Les trous ont entraîné le camion hors dans le ravin », raconte-t-il. Bilan provisoire : cinq morts et 10 blessés graves.

Des conséquences socio-économiques

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Ce tronçon de 95 km, se trouve dans le bassin du Congo, un axe vital qui relie la Centrafrique au Congo-Brazzaville et au Cameroun. Une route en piteux état et un frein à la bonne marche des activités socio-économiques dans la sous-région. « Les grumiers qui exportent les bois ont cessé d'emprunter cette route. Plusieurs ponts sont cassés. Les camions et véhicules qui prennent le risque de passer dans les rivières et les cours d'eau s'embourbent sans secours », déplore l'opérateur économique Quentin Bria.

Depuis l'arrivée de la saison des pluies en avril, la situation s'est aggravée. « C'est la période de moissons, mais on ne peut pas évacuer nos produits alimentaires vers la capitale et dans les pays voisins. On fait la surproduction et les denrées pourrissent dans les greniers », regrette Pulchérie Yandoba.

Selon une source au ministère des Travaux publics, la réhabilitation de ce tronçon n'interviendra pas avant 2026, à la fin du chantier du corridor 13, un projet d'interconnexion entre le Congo-Brazzaville, la Centrafrique et le Tchad.

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