L'indice des prix à la consommation (CPI) a reculé de 0,1 point en août, passant de 108,2 en juillet à 108,1, selon les derniers chiffres publiés par Statistics Mauritius. Cette baisse s'explique principalement par le repli des prix des légumes, qui ont contribué pour -0,3 point à l'évolution de l'indice. En parallèle, une légère hausse a été observée au niveau des véhicules motorisés et des produits alimentaires préparés (+0,1 point chacun).
Malgré ce repli marginal du CPI, l'inflation annuelle reste sur une pente ascendante. Le taux d'inflation en glissement annuel s'établissait à 4,8 % en août 2025, contre seulement 2,7 % en août 2024, traduisant une accélération notable du rythme de la hausse des prix sur une base annuelle. En revanche, l'inflation moyenne sur 12 mois, ou headline inflation, affiche une relative modération, à 3,3 % pour la période se terminant en août 2025, contre 4,0 % un an plus tôt.
Les mesures d'inflation sous-jacente confirment toutefois la persistance de tensions inflationnistes. L'inflation CORE1 - qui exclut les produits alimentaires, boissons, tabac ainsi que les intérêts hypothécaires - est ressortie à 5,2 % en glissement annuel (contre 1,8 % en août 2024).
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L'indice CORE2, qui exclut également les produits énergétiques et les prix administrés, est grimpé à 7,4 % en août 2025, contre 3,1 % un an plus tôt. Ces chiffres montrent que la dynamique inflationniste ne se limite pas aux produits volatils mais touche aussi les biens et services aux prix plus rigides.
Du côté des différentes divisions de consommation, les évolutions sont contrastées. Le recul le plus marqué concerne la catégorie «Alimentation et boissons non alcoolisées», en baisse de 1,0 % d'un mois à l'autre, principalement sous l'effet des légumes. «Il faudra attendre le mois prochain pour analyser l'impact de la mise en place du Price Stabilisation Fund sur la baisse de prix de cinq produits de consommation courante : le lait en poudre, l'huile de soja, le lait infantile, le fromage et les couches pour bébé», souligne un économiste.
À l'inverse, les prix dans la division «Restaurants et services d'hébergement» ont fortement progressé, de 1,3 % entre juillet et août. Des hausses sont également observées dans l'habillement (+0,6 %), les transports (+0,5 %) et les meubles et équipements ménagers (+0,5 %).
Cette combinaison d'une baisse ponctuelle de certains produits frais et d'une hausse plus diffuse des services et biens non alimentaires traduit la complexité de la dynamique des prix. Alors que le panier de consommation global s'allège légèrement en août, la hausse des prix dans les secteurs liés aux services signale que les ménages continuent de ressentir une pression sur leur pouvoir d'achat.
En somme, si l'inflation moyenne se maintient dans une zone modérée, l'accélération des mesures sous-jacentes souligne que les risques inflationnistes persistent. Ces tendances pourraient influencer les orientations de la politique économique et monétaire dans les mois à venir, en particulier face à la nécessité de protéger le pouvoir d'achat tout en maîtrisant les déséquilibres macroéconomiques.