Burundi: Le pays expulse le directeur de la coopération belge au développement

Pour avoir brièvement partagé sur un réseau social un article de l'hebdomadaire sud-africain The Continent dénonçant les pénuries et le marché noir de carburant au Burundi, le directeur de l'agence Enabel de coopération au développement a été déclaré persona non grata. Il doit quitter le pays samedi 6 septembre. La décision des autorités burundaises vise directement David Leyssens, représentant d'Enabel à Bujumbura depuis un an. L'intéressé a reçu 48 heures pour plier bagage et rentrer en Belgique.

Le ministère belge des Affaires étrangères juge « disproportionnée » la décision du Burundi de déclarer persona non grata le représentant de l'agence Enabel dans le pays. L'ambassadeur du Burundi à Bruxelles a d'ailleurs été convoqué au ministère où on souligne qu'il s'agit de la part des autorités burundaises d'une décision « liée à une expression personnelle formulée en dehors de la fonction officielle ». David Leyssens représentait Enabel au Burundi depuis un an et il rentre ce samedi 6 septembre en Belgique puisqu'il avait 48h pour plier bagage.

La Belgique, ancienne puissance coloniale, reste l'un des principaux bailleurs du Burundi, où près de 75 % des 14 millions d'habitants vivent sous le seuil international de pauvreté. En avril dernier, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, avait même effectué une visite officielle à Bujumbura pour réaffirmer ce partenariat.

Enabel prise de court

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

À Bruxelles, le directeur d'Enabel s'abstient de tout commentaire politique, mais l'annonce a été un choc pour les personnels de l'agence belge. « On a une grosse équipe, on a plus de 100 personnes au Burundi. On a un intérim qui est mis en place, mais la personne qui est le directeur pays, étant donné que la décision a été prise de le mettre persona non grata, il n'a pas le choix que de quitter le pays rapidement », explique Jean Van Wetter, à la tête de l'agence de coopération.

Selon lui, aucun signe de tension n'avait précédé cette expulsion. « On n'a pas de tension particulière, au contraire. Je dirais que le programme marche plus ou moins bien, qu'on soutient des réformes administratives, du renforcement de capacités au sein des ministères et également des projets d'infrastructures rénovation de centres de santé en milieu rural, rénovation d'infrastructures d'irrigation ; c'est une combinaison de compétences techniques, mais aussi d'infrastructures ».

L'agence belge met en oeuvre au Burundi un programme quinquennal doté d'environ 120 millions d'euros.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.