Le Conseil constitutionnel n'a pas perdu du temps. C'est le moins que l'on puisse dire. En effet, quelques jours seulement après avoir reçu, pour examen, les dossiers de candidatures à la présidentielle d'octobre prochain en Côte d'Ivoire, il a tranché dans le vif. Au lieu de 60 candidats, ils sont désormais 5 en lice, dont le président sortant, Alassane Dramane Ouattara (ADO), qui brigue un quatrième mandat.
Parmi les candidats recalés, on compte Laurent Gbagbo du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) et Tidjane Thiam du Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA). Cela n'a rien de surprenant d'autant que les deux personnalités ont été radiées des listes électorales, respectivement en raison d'une condamnation judiciaire et pour cause de double nationalité.
Bien des observateurs étaient même surpris d'apprendre que Gbagbo et Thiam, conscients qu'ils ne sont ni électeurs ni éligibles, ont décidé de faire acte de candidature à la présidentielle qui se profile à l'horizon.
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Espéraient-ils un miracle ? Si tel était le cas, ils en auront pris pour leur grade, puisqu'ils ont été tout simplement éconduits par le Conseil constitutionnel dont les décisions, à ce qu'on dit, sont irrévocables. Que vont-ils faire maintenant que les carottes semblent cuites pour eux ? Vont-ils appeler leurs ouailles à descendre dans la rue, histoire de contraindre le pouvoir à aller vers un compromis politique ? Autant de questions que l'on se pose sans réponse.
On ne voit pas par quel miracle Gbagbo et Thiam pourraient être repêchés
Toujours est-il que tous les acteurs politiques doivent garder à l'esprit que seul l'intérêt supérieur du pays doit primer. Il ne faut donc pas qu'au nom de leurs intérêts égoïstes, les uns et les autres dressent le bûcher contre la Côte d'Ivoire qui, rappelons-le, revient de très loin. Car, à moins d'avoir fait le choix de voir midi à leur porte, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, en tant que leaders politiques, ont encore des ressorts pour rebondir.
Leurs partis peuvent se choisir des plans B pour pouvoir participer à la présidentielle du 25 octobre 2025. En effet, que ce soit au PDCI-RDA ou au PPA-CI, il y a des cadres qui, comme s'ils voyaient venir les choses, avaient pris sur eux, la responsabilité de faire acte de candidature. Leur démarche jugée cavalière, n'a pas rencontré l'assentiment de la direction de leurs partis respectifs. Il s'agit, pour ne pas le nommer, de Jean-Louis Billon du PDCI-RDA qui, manifestement, n'est pas en odeur de sainteté avec Tidjane Thiam.
Il en est de même pour Ahaoua Don Melo du PPA-CI qui, traité d'indiscipliné, a été sanctionné par son parti, et ce, en même temps que certains autres cadres qui le soutenaient dans sa démarche. S'il veut donc continuer à exister politiquement, le PDCI-RDA gagnerait à jeter son dévolu sur Jean-Louis Billon, tout comme le PPA-CI ferait mieux de soutenir Ahaoua Don Mello qu'il a traité de tous les noms d'oiseau. Car au stade actuel des choses, on ne voit pas par quel miracle Gbagbo et Thiam pourraient être repêchés. Encore que leur mise à l'écart n'est pas pour déplaire au parti au pouvoir dont le candidat, on l'imagine, se frotte les mains.