En Tanzanie, le procès de l'opposant Tundu Lissu, poursuivi pour trahison, s'est ouvert, ce lundi 8 septembre, devant la Haute Cour de Dar es Salaam, après plusieurs reports. Le chef du Chadema, principal parti d'opposition, est incarcéré, depuis avril. C'est un procès sensible, à huis clos, à un mois de la présidentielle du 29 octobre. Dès l'ouverture, la défense a contesté la procédure et la validité de l'acte d'accusation.
Deux objections ont été soulevées, dès l'ouverture du procès. La première concerne la compétence de la Haute Cour. Selon la défense, celle-ci n'a pas juridiction pour juger cette affaire, car l'opposant a été arrêté le 9 avril dernier à Mbinga, dans le sud du pays, et c'est donc la Cour locale qui aurait dû le poursuivre.
La deuxième objection porte sur la validité de l'acte d'accusation pour trahison, jugé « défectueux » par les avocats de Tundu Lissu, parce qu'il est poursuivi, sans vraiment savoir pourquoi.
Une situation ubuesque, rendue possible par une disposition controversée du code de procédure pénale qui permet de poursuivre un accusé même si l'acte en cause n'est pas défini par la loi.
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« Pour accuser quelqu'un de trahison, il faut prouver une intention et un acte concret. Or, dans ce dossier, cet acte n'apparaît nulle part. L'accusation s'appuie là-dessus sans même préciser clairement l'infraction. Dans ces conditions, l'acte d'accusation est vicié et si la Cour le reconnaît, le procès ne pourra pas continuer », explique Tito Magoti, l'un des avocats de Tundu Lissu.
À l'extérieur, la foule s'est pressée autour du tribunal pour cette audience à huis clos, sans retransmission. Quelques images ont néanmoins circulé. On y voit Tundu Lissu, en t-shirt bleu clair, lunettes vissées sur le visage et poing levé. L'opposant a refusé l'avocate commise d'office et a choisi de se défendre seul, entouré toutefois d'une trentaine d'avocats.
La Haute Cour doit désormais se prononcer sur ces objections, avant de décider de la suite du procès. Soit, elle annule l'acte d'accusation et Tundu Lissu est libéré, soit elle le maintient et le procès se poursuivra sur le fond.