Deux ans après le séisme qui a fait près de 3 000 morts, dans le Haut Atlas, dans le centre du Maroc, des sinistrés se sont donnés rendez-vous lundi 8 septembre dans la capitale Rabat. Devant le Parlement, ils ont dénoncé la lenteur de la reconstruction. Selon eux et contrairement à ce qu'affirment les autorités, le programme d'aide n'a pas encore bénéficié à toutes les victimes.
Une centaine de manifestants scandent des slogans. « Pourquoi, pourquoi tout ce mépris ! », reprend la foule en choeur. En fauteuil roulant, Ali Ait Bouloujour répète la phrase. « Comme vous le voyez, je suis handicapé, ma femme aussi et on a six enfants. On vit toujours dans une tente », dit-il. Il a les larmes aux yeux : « Qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il neige... Ça a été deux ans de souffrance. On m'a privé de l'indemnité, on m'en a exclu. »
Selon le coordinateur du programme de reconstruction et de réhabilitation des zones sinistrées - une source officielle - 24 000 logements sont sortis de terre, en deux ans, dans la province d'al Haouz, la plus touchée par le séisme. Les travaux sont achevés à plus de 91 %.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Une version que remet en cause la Coordination nationale des victimes du séisme, comme le remarque Montassir Itri, membre de cette organisation de la société civile : « Les responsables et les autorités se comportent, avec ce dossier, selon une logique comptable, comme s'il ne s'agissait que de statistiques. »
Pour assurer la reconstruction, l'État a mis à la disposition des foyers sinistrés une aide de 80 000 à 140 000 dirhams (entre 8 000 et 13 000 euros).