Au Tchad, la réintroduction par le ministère de l'Élevage du projet de relecture du code pastoral continue de faire couler beaucoup d'encre. Ce texte avait été rédigé en 2014, voté par l'Assemblée nationale en 2015, mais jamais promulgué par l'ancien président Idriss Déby Itno, notamment en raison d'une forte opposition dans le pays. Or, les autorités tchadiennes reviennent à la charge et disent vouloir discuter avec toutes les parties prenantes pour trouver un accord. Au sein de l'opposition, le parti Les Transformateurs met en garde Ndjamena et rejette ce projet qu'il juge « conflictogène ».
Au Tchad, le projet de relecture du code pastoral, réintroduit par les autorités en charge de l'élevage, défraie la chronique. Il avait été rétiré par le Conseil constitutionnel et le défunt président Idriss Déby en 2014, en raison déjà d'une forte opposition dans le sud du pays. Le gouvernement tchadien continue ses consultations en justifiant son approche par la phase de la collecte des recommandations pour adopter un document consensuel, malgré les critiques dont il fait l'objet.
Les Transformateurs de Succès Masra met en garde les autorités tchadiennes. Ce principal opposant a été condamné malgré ses dénégations à 20 ans de prison en août pour complicité de meurtre et diffusion de messages haineux et xénophobes dans le conflit intercommunautaire de Mandakao,
« Il institutionnalise la séparation géographique et identitaire »
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
La présidente intérimaire du parti Hoinaty Claudia a pris la parole lundi 8 septembre face à la presse, dont notre correspondant Olivier Monodji : « Le code pastoral, dans sa formulation actuelle, est un projet qui oppose au lieu de rassembler. En organisant un zonage pastoral rigide, il institutionnalise la séparation géographique et identitaire, menaçant gravement la coexistence pacifique dans nos provinces. Par conséquent, Les Transformateurs appellent à un abandon pur et simple de l'actuel processus de validation dudit code pastoral, qui semble être plus en faveur des nouveaux riches propriétaires de bétail au pouvoir qui veulent s'accaparer des ressources naturelles du pays. »
« Le gouvernement devrait engager des vraies réflexions nationales approfondies sur des questions de développement rural, de la modernisation de l'agriculture et de l'élevage, afin d'adopter une politique et des lois en faveur de toute la population tchadienne, sans discrimination dans la justice et l'égalité », poursuit-elle.
Interrogé par RFI le 4 septembre dernier, le spécialiste des questions de pastoralisme et de transhumance. Fulbert Ngodji, chercheur chez International Crisis Group (ICG), rappelait que « le texte avait été adopté à l'Assemblée nationale en 2014, dans un climat de vives tensions, de controverses entre les députés du nord, région qui est historiquement associée à l'élevage, et ceux du sud, la partie du pays qui est aussi associée à l'agriculture ».