La quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025) s'est poursuivie ce lundi 8 septembre 2025, à Alger avec des échanges autour de la transformation économique du continent. Trois figures du secteur privé ivoirien, Yéo Sionlé, Directeur général de la Holding Atlantic Group Dr Kaladji Fadiga, Directeur général de Côte d'Ivoire Export, et Karim Koné, Directeur général adjoint d'Atlantic Group, ont livré des messages forts, plaçant l'industrialisation et le financement inclusif au cœur de l'agenda africain.
Pour Yéo Sionlé, l'Afrique doit désormais s'imposer comme un acteur incontournable de l'économie mondiale. « Pendant longtemps, nos économies ont été contraintes par des structures héritées de l'histoire et de la colonisation, qui ne laissaient pas de place à l'industrialisation locale », a-t-il rappelé.
Il a appelé à rompre avec la dépendance aux matières premières brutes et à investir dans l'innovation, les chaînes de valeur régionales et la création de champions africains capables de rivaliser sur les marchés internationaux. « Notre engagement en tant qu'Atlantic Group est clair : soutenir les PME, investir dans des secteurs stratégiques et bâtir un tissu industriel africain fort », a-t-il insisté.
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Atlantic Group, catalyseur de la compétitivité africaine
Le Dr Kaladji Fadiga a, pour sa part, mis en lumière le faible niveau du commerce intra-africain, estimé à seulement 15 % contre 70 % en Europe. Pour lui, l'un des principaux freins réside dans les infrastructures financières fragmentées et les procédures complexes qui marginalisent les PME. « Nos entrepreneurs ont besoin de banques partenaires, pas seulement de prestataires de services », a-t-il déclaré, plaidant pour des solutions numériques adaptées, des paiements sécurisés et une meilleure inclusion financière. Selon lui, la construction d'un véritable écosystème financier est la clé pour permettre aux champions africains d'émerger et de conquérir la scène mondiale.
Dans le même élan, Karim Koné a rappelé que l'Afrique ne représente que 3 % du commerce mondial et que seulement 16 % de ses échanges se font à l'intérieur du continent. Il a dénoncé une structuration héritée de la colonisation, qui favorisait les échanges extérieurs au détriment des liens régionaux.
« Il est aujourd'hui plus facile pour une entreprise africaine de commercer avec l'Europe qu'avec un pays voisin. Cela ne doit plus durer », a-t-il martelé.
Aussi a-t-il réaffirmé l'engagement d'Atlantic Group à accompagner les entreprises africaines avec des outils de financement, de logistique et de transformation, tout en investissant dans l'énergie et les infrastructures.
À travers ces interventions, un message clair s'impose : l'avenir économique de l'Afrique dépend de sa capacité à transformer localement ses ressources, à bâtir des infrastructures adaptées et à renforcer l'intégration régionale. L'IATF 2025, en réunissant les décideurs publics et privés à Alger, apparaît plus que jamais comme une plateforme stratégique pour accélérer cette dynamique.