C'est la fin de la deuxième journée du sommet africain pour le climat. L'adaptation au changement climatique faisait partie des thèmes de la journée, mardi 9 septembre. Un sujet central dans les négociations sur le climat mais qui reste encore difficile à mettre en action.
C'était l'un des nouveaux outils mis en place lors des accords de Paris. L'objectif mondial sur l'adaptation a pour but de renforcer et d'évaluer les capacités d'adaptation face au changement climatique. Mais dix ans après sa création, Kulthoum Motsumi, conseillère spéciale pour l'initiative d'adaptation en Afrique, concède que peu de progrès ont été faits. « Il nous a déjà fallu sept ans pour commencer à vraiment travailler et c'est maintenant que nous commençons à le mettre en oeuvre et à analyser nos objectifs. Mais nous n'avons toujours pas fait les changements significatifs dont nous avons besoin », explique-t-elle.
Un long travail, comme souvent lors de nouvelles initiatives. Pour évaluer les progrès réalisés, l'objectif mondial sur l'adaptation a commencé avec 9 500 indicateurs, le but étant de descendre à 100 d'ici la COP30 au Brésil en novembre prochain.
Des efforts qui doivent être globaux
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Pour Lina Yassin, en charge de l'adaptation au LDC, le groupe des pays les moins développés, les efforts doivent être globaux. « La plupart des progrès ont été faits par les pays africains et les pays en développement. Nous avons besoin des pays développés. Ils doivent s'impliquer sur les sujets de l'adaptation de façon plus proactive. Cela doit être un effort collectif. Tout le monde doit s'adapter, quel que soit votre État et les capacités de votre pays », affirme-t-elle.
Malgré tout, la jeune femme reste déterminée. « Il n'est pas trop tard. Si demain je peux sauver une vie, alors je le ferai », ajoute-t-elle. Un message qui rappelle que pour de nombreux pays africains, l'adaptation au changement climatique est déjà une question de survie.
L'utilisation des nouvelles technologies et de l'IA de plus en plus présente Ce mercredi 10 septembre est le dernier jour du sommet africain sur le climat. Durant ces trois jours, adaptation, résilience et solutions basées sur la nature ont été au coeur des discussions. Mais l'utilisation des nouvelles technologies et de l'IA est désormais devenue de plus en plus présente lors des grands rendez-vous sur le climat.
Le Africa drought watch a été lancé officiellement ce mardi. L'objectif de cet outil est de suivre et d'anticiper des sécheresses sur le continent africain. Cette plateforme en open source analyse plusieurs indicateurs, comme l'explique le docteur Ahmed Amdihun, chef de projet à l'autorité intergouvernementale pour le développement. « On analyse d'abord une anomalie des précipitations, de l'humidité du sol et de la végétation par rapport aux moyennes enregistrées sur le long terme. Cela combine ces trois éléments et vous donne la notation du niveau de sécheresse », explique-t-il.
Cet outil permet de mettre en place des actions rapides pour mieux anticiper l'impact des sécheresses. Souvent, ces évènements extrêmes provoquent déplacements de population et famines. Les données collectées sont de plus en plus précises grâce aux nouvelles technologies, poursuit Ahmed Amdihun. « Nous avons un projet avec Google qui tente d'utiliser l'intelligence artificielle pour améliorer les prévisions météos. Si vous avez des prévisions précises, vous pouvez agir avec précision », lance-t-il.
Mais selon le docteur Sylvain Ouedraogo, secrétaire exécutif adjoint au comité permanent de lutte contre la sécheresse dans le Sahel, il y a encore des limites. « Nous travaillons sur des données collectées de terrain. L'intelligence artificielle est une perspective. La difficulté, c'est l'existence de données scientifiques fiables. Cela coûte et beaucoup ne sont pas prêts à financer », regrette Sylvain Ouedraogo.
La finance est au coeur des discussions en cette dernière journée de sommet.