Sénégal: Capitalisation des acquis du programme ados - Le CRDI et Affaires mondiales Canada préparent la transition

10 Septembre 2025

Le programme Ados, consacré à la santé reproductive des jeunes, entre dans sa phase finale après cinq années d'exécution. Pour assurer une bonne transition, le Centre de recherches pour le développement international (Crdi) organise depuis hier, mardi 9 septembre à Dakar, un dialogue politique de capitalisation des résultats. Le but : permettre à l'État du Sénégal de s'approprier les acquis et de les intégrer dans ses propres programmes.

Selon Santiago Alba-Corral, vice-président chargé des programmes et partenariats au Crdi, le Sénégal a enregistré des avancées en matière de santé de la reproduction, grâce à l'engagement des autorités à travers des lois nationales et des conventions internationales comme le Protocole de Maputo et les Objectifs de développement durable. Mais il prévient que des défis majeurs demeurent dans un pays où la moitié de la population a moins de 19 ans et 39,2 % moins de 15 ans. « Les adolescentes font face à des violences basées sur le genre, dues à un manque d'information, d'accès aux services de santé reproductive et à des normes sociales contraignantes, impactant leur bien-être et leur développement », a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « les progrès sont lents, faute de données et de connaissances suffisantes, ce qui entrave la mise en oeuvre de politiques efficaces et la lutte contre les violences faites aux adolescentes ».

Les constats proviennent des recherches menées dans le cadre du programme Ados, lancé en 2000 et financé par le Crdi en partenariat avec Affaires mondiales Canada. Hier, mardi, les acteurs ont procédé à la restitution des acquis dans le cadre d'un dialogue politique. Pour M. Santiago, ce programme a permis de produire des données probantes sur les liens entre violences basées sur le genre et santé reproductive. « L'accès et l'utilisation des services de santé reproductive varie considérablement d'une région à l'autre, créant des inégalités marquées : seuls 3 % des adolescents à Gossas et 0,4 % à Kaolack ont recours aux services de santé de la reproduction. Grâce à une approche combinant la recherche-action participative et l'engagement des jeunes », a-t-il illustré. Et de poursuivre : « aujourd'hui, nous avons une opportunité unique de partager les résultats de cette initiative et de discuter concrètement des mécanismes de d'appropriation partage, et de comment passer de la génération de données à la prise en compte des résultats au niveau des politiques publiques concrètes et adaptées aux réalités et aux besoins des adolescentes sénégalaises ».

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Du côté du ministère de la Jeunesse et des Sports, directement concerné, le directeur de la Jeunesse, Alassane Diallo, a expliqué : « aujourd'hui, le Ministère en charge de la Jeunesse, à travers la Direction de la protection sociale des Jeunes apporte une plus-value à ce programme d'amélioration de la santé de la reproduction des adolescentes car les CCA et BCA ouverts dans presque tous les départements du pays jouent pleinement leur rôle en ce sens. Dans ces espaces, les jeunes filles membres de clubs et les pairs éducateurs formés, développent des initiatives innovantes et inclusives pour que leurs pairs puissent avoir une éducation à la santé sexuelle et reproductive adaptée, inclusive et ancrée dans les réalités socioculturelles de leurs communautés ». Il a toutefois insisté sur trois priorités : renforcer l'éducation complète à la sexualité dans un cadre sécurisé et respectueux des valeurs et des droits des jeunes ; améliorer les lieux de rencontre et d'échanges qui exigent un personnel qualifié et des équipements adaptés ; et garantir l'implication effective des jeunes, surtout des filles, dans la conception, la mise en oeuvre et l'évaluation des politiques qui les concernent.

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