Afrique: L'UNESCO appelle à protéger l'éducation dans le continent, cible croissante des conflits

Prof. Egide Kalisa échange avec les écoliers sur les enjeux et les coûts de la pollution de l'air au Rwanda. (archive)
10 Septembre 2025

À l’occasion de la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, l’UNESCO tire la sonnette d’alarme face à une hausse sans précédent des violences ciblant les établissements scolaires dans les zones de conflit, une réalité particulièrement préoccupante sur le continent africain.

Dans un communiqué rendu public le 09 septembre, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture expose le nombre d’attaques perpétrées contre les écoles qui a bondi de 44 % en 2024, atteignant 1 265 établissements ciblés à travers le monde.

Si cette tendance touche plusieurs régions en crise, elle frappe durement l’Afrique, où les conflits armés prolongés continuent de priver des millions d’enfants de leur droit à une éducation sûre et de qualité.

85 millions d’enfants sans accès à l’école, des milliers en Afrique

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Parmi les 85 millions d’enfants vivant en contextes de crise et actuellement exclus du système éducatif mondial, une large part est localisée en Afrique, notamment dans des pays comme le Soudan, le Mali, le Burkina Faso, la République centrafricaine, le Nigeria ou encore la Somalie.

Dans ces zones, l’éducation devient une cible : écoles incendiées ou occupées, enseignants menacés, élèves recrutés de force par des groupes armés ou traumatisés par la violence.

L’UNESCO dénonce également la militarisation croissante des établissements scolaires, utilisés comme bases ou camps par des groupes armés, une pratique contraire au droit international humanitaire.

Sur le continent africain, plusieurs ONG ont rapporté des cas documentés, notamment au Sahel, où des écoles ont été transformées en postes de commandement, privant durablement les communautés d’accès à l’apprentissage.

Un soutien d’urgence, mais un appel à la responsabilité des États

Face à cette situation alarmante, l’UNESCO affirme avoir renforcé sa présence et ses actions dans 31 pays touchés par des crises, dont plusieurs en Afrique. L’organisation met en œuvre des solutions éducatives alternatives, offre un soutien psychosocial aux élèves et enseignants, et cherche à assurer la continuité de l’apprentissage, même dans les contextes les plus instables.

Des initiatives sont en cours au Soudan, à Gaza, en Syrie, en Ukraine, mais aussi dans des régions africaines durement touchées, bien que les défis logistiques, sécuritaires et politiques persistent.

L’UNESCO travaille actuellement à l’élaboration d’un plan d’action mondial destiné à fournir aux États membres une feuille de route pour renforcer la résilience des systèmes éducatifs en temps de crise.

Toutefois, l’organisation rappelle avec force que ces efforts, aussi importants soient-ils, ne remplaceront jamais l’obligation fondamentale de respecter le droit international humanitaire.

Elle appelle ainsi tous les acteurs des conflits, y compris en Afrique, à se conformer strictement à la Résolution 2601  du Conseil de sécurité de l’ONU (2021) et à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles , adoptée il y a dix ans, qui vise à protéger les établissements scolaires contre toute forme d’attaque ou d’occupation militaire.

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