Kenya: Près d'un Kényan sur trois affirme avoir été victime de violence policière entre 2022 et 2024, selon une étude

Au Kenya, près d'un habitant sur trois estime avoir été victime de violence policière entre 2022 et 2024. C'est ce que révèle une étude publiée cette semaine, par l'organisation International Justice Mission (IJM). La ville de Kisumu, sur le lac Victoria, à l'ouest du pays, enregistre le plus de cas. Elle est suivie de près par la capitale, Nairobi, et Mombasa, principale ville de la côte kényane.

L'extorsion et la corruption apparaissent comme les premiers abus commis par la police. Selon l'étude, près de 56% des Kenyans s'en disent victimes.

Vincent Chahale, directeur pour le Kenya d'International justice mission, dénonce une corruption systémique : « Quand on voit des agents de circulation recueillir de l'argent chaque jour, les poches remplies de billets de 50 shillings, on doit se demander : où va tout cet argent ? Sûrement pas à ce seul agent. On doit prendre le mal à la racine. Il y a notamment la question du recrutement [dans les forces de l'ordre, NDLR]. Il faut le professionnaliser. Recruter sans subir aucun intérêt particulier. »

Selon l'étude, le harcèlement est la deuxième violence policière la plus subie par les Kényans. Les hommes, entre 25 et 34 ans, dans les grandes villes, en sont les principales victimes.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Malgré des millions de shillings engloutis dans des réformes

Depuis la crise électorale de 2008, où près de 1 300 personnes ont été tuées, des millions de shillings ont été engloutis dans plusieurs réformes de la police. Pour Wangechi Grace Kahuria, du Groupe de travail sur la réforme de la police, ce ne sont pas les formations qui manquent, mais une vraie éducation morale : « Ce n'est pas un manque de capacités, encore moins de compétences. Le vrai problème, au plus haut niveau, est celui de l'attitude. Il s'agit de se dire : "Je vais changer, moi-même, en tant qu'officier de police et espérer que toute l'institution va changer également. " La police est-elle un service public ou une force ? »

Depuis le mouvement anti-gouvernemental de juin 2024, les organisations de la société civile ont dénombré plus de 80 cas de disparitions forcées.

AllAfrica publie environ 400 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.