Ile Maurice: Faire de l'espace... pour encore plus d'espace

11 Septembre 2025

À l'attention des collectionneurs compulsifs, cet article risque de vous faire peur. Le concept de vide-greniers s'installe à Maurice et ne va sans doute pas nous lâcher. Outre le recyclage et le surcyclage, ces pop-up de seconde main créent une nouvelle communauté, un mélange de partage, de bonnes affaires et de greener thinking. Rendez-vous le dernier samedi de septembre pour la première édition à Phoenix.

Depuis juillet dernier, Annelé Venter organise des car boot sales, un concept importé d'Europe et des États-Unis, qui se rapproche du vide-grenier. Le premier samedi de chaque mois, les stands s'installent sur la promenade de Mahogany et la deuxième semaine du mois, c'est Gros-Cailloux qui accueille ce pop-up de seconde main.

À l'origine, l'idée était simple : créer un lieu de rencontre accessible entre le Nord et l'Ouest de l'île, où chacun peut vendre ou acheter des articles d'occasion. «Les débuts ont été difficiles car plusieurs Mauriciens ne comprenaient pas vraiment ce qu'était un car boot sale. Certaines personnes ont même cru que nous vendions des voitures.» Progressivement, la communauté mauricienne a adopté le concept, séduite par la possibilité d'«upcycler», de recycler et de dénicher des articles de qualité à prix réduit.

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Contrairement aux idées reçues selon lesquelles ce type de pop-up ne séduirait que les expats, la majorité des participants sont Mauriciens. Les expats y jouent également un rôle, surtout lorsqu'ils doivent se séparer de leurs biens avant de quitter l'île. «J'ai même eu une dame qui est venue quatre fois à la suite car elle et les siens allaient quitter le pays dans cinq mois.» Les habitants viennent régulièrement, souvent en groupe, et certains petits commerçants profitent de l'occasion pour écouler des surplus de stock ou proposer des friandises aux visiteurs.

Le concept conserve un côté ludique : c'est une chasse aux trésors accessible à tous. Pour beaucoup, ces vide-greniers sont devenus une nouvelle façon de chiner (thrifting). Parmi les trouvailles, on compte des sacs brodés à la main venus du Mexique ou un robot aspirateur à prix réduit. «On ne sait jamais quel genre de trésors on va y dénicher.» Annelé Venter raconte qu'une femme a acheté un sac pour Rs 500, seulement pour découvrir plus tard qu'il valait... 5 000 dollars mexicains !

À Mahogany, seuls les articles qui ne sont pas nouveaux, upcyclés ou artisanaux sont acceptés. L'objectif est de maintenir un certain niveau de qualité et d'offrir aux visiteurs une expérience fiable et intéressante. Les vendeurs doivent détailler les objets qu'ils souhaitent apporter, et chaque produit peut être vérifié si nécessaire. On y retrouve ainsi des articles décoratifs, des vêtements ou accessoires soigneusement conservés, des objets artisanaux uniques, et même des créations locales originales.

À Gros-Cailloux, la règle est plus souple : tout est accepté tant que ce n'est pas illégal, ce qui permet à de petits commerçants ou à des habitants de vendre des articles plus diversifiés, allant des produits faits maison aux surplus de stock, en passant par des articles utilitaires ou des friandises. Cette différence permet de répondre à tous les types de vendeurs et d'acheteurs et encourage à la fois le recyclage créatif et l'écoulement pratique de biens divers.

Annelé Venter souhaite étendre les car boot sales à toute l'île. Avec quatre samedis par mois, elle invite ceux qui partagent sa passion à participer via un système de franchise. «Ils peuvent en fait acheter sur carbootsales.mu et acquérir ce que j'appelle une option de franchise... pour se développer dans des zones plus petites et plus spécialisées.» Son objectif est clair : encourager une culture de recyclage, limiter le dumping et créer une communauté engagée autour de produits de seconde main.

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