Le Conseil des ministres du 4 septembre 2025, restera longtemps gravé dans certaines mémoires comme un mauvais souvenir. Particulièrement pour les 21 agents publics qui ont été démasqués dans neuf départements ministériels et révoqués, ce jour-là, de la Fonction publique.
L'humiliation subie est d'autant plus grande que la liste de ces agents a été rendue publique avec leurs noms, fonctions et départements ministériels à l'appui. Et elle fait le tour des réseaux sociaux, faisant les choux gras des internautes. Les masques sont tombés, et les tricheurs ont été dévoilés à tout le Burkina Faso.
Quel triste sort! La sentence suprême a été prononcée à l'issue d'un contrôle approfondi qui a révélé des irrégularités impardonnables. En effet, l'investigation qui a été menée par la Commission de régulation des dysfonctionnements (CRD), une instance du ministère en charge de la fonction publique, a établi que les diplômes ou titres qui ont servi au recrutement ou à la promotion de ces travailleurs de l'Etat, n'étaient pas authentiques.
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Autrement dit, ces agents se sont servis de faux parchemins pour s'offrir des postes qu'ils ne devraient jamais occuper en temps normal. Comme le dit si bien le proverbe, "le mensonge a beau courir, la vérité le rattrape en un jour"! Ces partisans du moindre effort paient, pour ainsi dire, le prix fort de leur...tricherie. Et si la sanction se limite à la simple révocation, ils peuvent s'estimer chanceux. Parce que leur place, c'est dans la prison.
En effet, le forfait dont ils se sont rendus coupables, est susceptible de poursuites judiciaires, notamment pour fraude et usage de faux. La décision de les révoquer, aussi pénible qu'elle puisse paraître (parce qu'elle va impacter des familles entières), est bien méritée. Je ne me réjouis pas de leur sort. Loin s'en faut ! Et ce n'est pas non plus cynique que de dire cela. La vérité, et il ne faut pas avoir peur de le dire, est que cette décision n'est que justice rendue.
Ce coup de pied dans la fourmilière est un bon début et un espoir naissant
En effet, pendant que ces parvenus travaillaient tout ce temps avec de faux diplômes, de nombreux jeunes étaient réduits au chômage avec de vrais diplômes et des compétences avérées. Malheureusement, c'est une injustice qui a longtemps régné en règle d'or dans notre pays, brisant bien des rêves. A une époque encore récente, les diplômes et les qualifications ne suffisaient pas au Pays des Hommes intègres pour décrocher un poste au sein de l'Administration publique.
Et les bonnes relations valaient nettement mieux que les nombreux diplômes qu'on pouvait empiler. C'était connu de tous. Pour avoir une place, il fallait connaître quelqu'un qui connaît quelqu'un... Et même que cela n'était pas suffisant. Il fallait encore délier les cordons de la bourse pour mouiller la barbe des uns et des autres, comme on aime à le dire. C'est dire si la corruption, le clientélisme, le népotisme et le favoritisme ont longtemps caractérisé notre Administration publique.
En tout cas, ce coup de pied dans la fourmilière est un bon début et un espoir naissant. Et cette belle oeuvre de salubrité publique doit se poursuivre dans toutes les institutions de la République jusqu'au plus haut sommet de l'appareil d'Etat. Il faut continuer de chercher! Fouiller partout! Ratisser large s'il le faut! Parce qu'à l'évidence, ils sont nombreux, ces fonctionnaires qui occupent illégalement des postes pour lesquels ils ne sont pas qualifiés. Et c'est très dangereux pour notre pays.
Imaginez un peu, un agent de santé sans qualification. C'est un criminel en puissance, pour parler comme le père de la Révolution d'août 1983. Un enseignant parachuté dans le métier ; c'est un désastre pour l'avenir de nos enfants. Un gestionnaire de comptes qui n'en a pas les aptitudes ; c'est une bénédiction pour les détourneurs de fonds publics. On peut multiplier les cas.